1960

Orchestres d’après-guerre, chanteurs et musiciens des bals d’assemblées, ou des bals de noces, ils jouent essentiellement pour faire danser le public.

Marcel Gauthier et son orchestre

Marcel Gauthier en 1960. Photo J.J. Decker.

En juin 1960, Marcel Gauthier et son orchestre animent une nouvelle fois le bal de retour du défilé fleuri au milieu de la fête foraine à laquelle il est associé, sur le quai Mayaud. Le grand parquet et le chapiteau ont été montés en deux jours, le temps que s’installent aussi le manège pour enfants de Gilbert Dupuy, les autos tamponneuses de Jean Adel (plus tard de la famille Tinten), la confiserie barbe à papa, la pêche à la ligne… Depuis de nombreuses années, la formation de Marcel Gauthier écume les fêtes de villages, les assemblées communales, les foires, dans près d’une quarantaine de lieux du Saumurois. On peut danser ce 20 juin 1960 au son de la trompette de Marcel et sur les rythmes de batterie de Léo de Vita, les envolées de l’accordéoniste Jean Venturi et les retrouver quelques semaines plus tard à la fête de la bernache de Chaintre, à la fête des Ponts, à la grande fête du quartier Saint-Nicolas-Beaurepaire. Ils sont accompagnés de Jean-Pierre Pierrot Mabileau à la clarinette, de Jacques Morisset au saxo, de la guitare sèche de More Sheila, de celle de José Drena, de la basse de Jean Turquois et de mademoiselle Ozouf au piano. La formation joue aussi en semaine au camp américain de Varrains, en petite ou en grande formation, et fait plusieurs fois par an un bal dans le camp de base de Marcel au restaurant Le sapin situé tout près de la gare. L’été, comme d’autres orchestres de l’intérieur des terres, Marcel et sa bande partent sur la côte atlantique suppléer leurs collègues débordés par l’arrivée massive des vacanciers, à Pornichet notamment. La ligne de chemin de fer depuis Saumur est directe. L’exercice du bal ne consiste pas à rejouer à chaque fois les mêmes morceaux. Il y a bien sûr les inévitables standards, les valses réclamées par des danseurs et des danseuses de tous âges qui semblent flotter sur le parquet monté à cet effet, mais l’orchestre doit suivre les goûts changeants et les modes passagères pour satisfaire tous les publics.

Marcel Gauthier en 1941. Coll. Michel Gauthier.

Marcel Gauthier a commencé la trompette et l’accordéon juste avant la guerre, mais celle-ci, avec l’interdiction des bals, a stoppé momentanément son envie d’en faire un métier. Il se rattrape dès 1945, avoue avoir un faible pour le jazz be-bop, pour Count Basie et son Taxi War Dance, pour des titres comme Stardust interprété par Coleman Hawkins et Django Reinhardt, mais il comprend aussi avec les années que les jeunes ont besoin de musiques plus sportives, de cha-cha-cha, de madison, de rock. Et quand bien même il faut placer un tango de temps en temps, il n’oublie pas au milieu des années 60 que le slow est très prisé. En 1961, un guitariste électrique, Pierre Rivière, intégrera la formation.

Caricature de Jean-Pierre (Pierrot) Mabileau, clarinettiste dans l’orchestre de Marcel Gauthier. Dessin Roger Papillon, 1953, extrait des Bonnes mines de Papi, éd. Cheminements, 2000.

 

 

Laurent Penna et ses Merry-boys

En juin 1960, tandis que Marcel Gauthier fait danser les amateurs de fêtes foraines sur le quai Mayaud, l’orchestre de Laurent Penna assure des soirées de gala au foyer du théâtre qui est, à l’époque, la salle des fêtes du centre ville. Il animera toutes les soirées de gala du défilé fleuri entre 1961 et 1970. Mais Laurent Penna, avec ses Merry-Boys et avec Willy Prince (le prince de l’accordéon) se produit lui aussi dans tout le Saumurois, au bal des chasseurs pour la Saint-Hubert du Petit-Puy, en juillet au café du Poisson Rouge par exemple. On voit, sur l’affiche, que Laurent Penna a joué dans un autre orchestre renommé des années 50-60, Ambiance. On voit aussi sur cette même affiche que Léo de Vita, le batteur de l’orchestre de Marcel Gauthier a joué lui aussi pour l’orchestre Ambiance. Les musiciens étant payés au cachet après chaque prestation, rien ne les empêchait de passer d’une formation à une autre en fonction des disponibilités et des remplacements.

En 1954, Laurent Penna et Jean-Pierre Mabileau (Mabuleau)
jouent dans l’orchestre Ambiance. Coll. Philippe Rigaud.

 

 

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    Michel Portal

    Le multi-instrumentiste et compositeur n’est pas encore très connu quand il joue, le 3 janvier 1960, à la soirée française du camp américain General Depot au théâtre de Saumur. À vingt-cinq ans, il est saxophoniste et flutiste dans l’orchestre national Benny-Bennet.

    Georges Brassens

    Georges Brassens chante au théâtre municipal le 12 mars 1960, accompagné de son fidèle contrebassiste Pierre Nicolas, dans le cadre des tournées Canetti. Le public n’est pas vraiment au rendez-vous (200 spectateurs) et c’est surtout la sortie du théâtre qui défraie la chronique locale. Les freins du véhicule d’un jeune américain du Central Depot de Varrains ne répondent plus à la sortie du pont Cessart. L’automobile percute quatre véhicules garés le long du théâtre sans toucher aucun des spectateurs qui sortent du concert.

    Les Frères Jacques

    Le quatuor se produit le 9 avril 1960 sur les planches du théâtre archicomble tant les frères Bellec, Soubeyran et Tourenne sont alors d’immenses vedettes. Chanter sur des paroles de Prévert et Dimay ou reprendre La digue du cul font de ce groupe, si ce n’est l’excellence de la chanson française d’après-guerre, un précurseur d’une future variété décalée et de qualité. Ils reviendront à Saumur le 8 juin 1964 pour… la fête des anciens de l’Institution Saint-Louis !

    Les Compagnons de la chanson

    Ces inoxydables vedettes, déjà venues en 1959, font une nouvelle fois le plein du théâtre, jusque sur les étagères du poulailler ! Il faut dire, sans que cela ait forcément une incidence, que Maurice Fournier, le président du Comité Permanent des Fêtes de Saumur, à la fois responsable municipal des Beaux-Arts et chroniqueur culturel dans le Courrier de l’Ouest, est un grand fan.

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