1961

La réputation d’un orchestre se fait aussi sur sa participation aux émissions radiodiffusées, et, bonus, sur une présence féminine au piano ou à l’accordéon, chauffe Yvette ! Mais l’apparition des yéyés commence à bousculer les habitudes. 

Ambiance

L’orchestre Ambiance dans le foyer du théâtre en 1958. Photo Decker-Angibaud.

Ambiance est un orchestre réputé. Il est appelé Ambiance-Saumur dans les années cinquante. En 1961, il passe de temps en temps sur les antennes de Radio Rennes-Bretagne. Le programme étant dévoilé quelques jours avant dans la presse, on peut donc savoir que son répertoire va du paso-doble Como las rosas, du cha-cha-cha, du boléro, de la polka, du tango au slow et au rock. L’éventail est large ! Ambiance joue au foyer du théâtre pour des soirées de gala, pour l’amicale de la société Blanchaud par exemple, mais aussi au grand bal des cloches de Saint-Lambert-des-Levées, au Palais du Pharaon, au grand bal de Bagneux organisé par les anciens prisonniers. Là aussi, l’éventail est large ! Le slogan d’Ambiance est : Ils seront morts avant nous ! en parlant des danseurs, c’est dire si les bals pouvaient durer toute la nuit. Ce n’était pas On achève bien les chevaux de Sydney Pollack, mais l’énergie et la résistance des musiciens et des danseurs sont impressionnantes, vues de notre époque. La cheville ouvrière d’Ambiance est Andrès, un animateur chanteur qui a déjà été écouté sur Radio-Lille. Il est accompagnés de musiciens qui peuvent changer suivant les bals, ou même créer de nouveaux orchestres comme celui d’Harry Bing. Chez Ambiance et au tout début des années 60, Colette Jany est la pianiste et accordéoniste, Pierre Guiocheau est au violon et au saxophone ténor, Pierre Bizot au saxophone alto et à la clarinette et, parfois, le réputé Pierre Jacquet est à la batterie. Il faut dire que celui-ci est allé joué dans les cabarets parisiens donc il revient au pays tout auréolé d’avoir vécu à la capitale. On constate que les musiciens ont souvent deux cordes à leurs arcs, pratiquent plusieurs instruments, et comme ces musiciens sont joueurs, ils n’hésitent pas à changer leur noms suivant les bals en les américanisant : Roger Caillé devient Roger Kail et le fameux Pierre Jacquet Pierre Jackson-Drums. Quant à Colette Janny, elle s’appelle aussi Mademoiselle Colette. Ambiance joue même du rock soft, par exemple une adaptation rythmée de Lullaby of Broadway, qu’on imagine chantée à la façon de Bing Crosby, ou le classique rock cha-cha Makin’Love de Floyd Robinson paru en 1959. Le jeune Johnny Hallyday (18 ans), quand il débarque à Saumur en juin 1961, va faire bouger les lignes.

Decker/Angibaud.
Coll. Michel Fazi.

Batteur dans plusieurs orchestres, dont Ambiance, André Fazi est le père de la première vedette Saumuroise, le batteur et chanteur Michel Fazi.

Laurent Penna (suite)

Laurent Penna en 1972 dans Le Courrier de l'Ouest.

Laurent Penna, avec ou sans ses Merry-boys, est saxophoniste et violoniste. Il a joué pour la Radio Télévision Française et habite place Saint-Pierre avec son épouse Mathilde, également musicienne. Il réorganise sa formation d’orchestre de bal en début d’année 1961 en s’entourant, dixit la presse locale, d’un nouveau et jeune batteur dynamique et d’un guitariste-chanteur à la voix chaude et puissante pour les bals, fêtes et soirées dansantes.

Dans le programme du défilé fleuri. Archives SVL.

Willy Prince

Affiche. Coll. Philippe Rigaud.

Laurent Penna est parfois accompagné de l’accordéoniste William Willy Prince qui, lui, était passé par l’orchestre de Radio-Luxembourg. Willy Prince, de son vrai nom Albert Defrise est né en Belgique en 1920. Dans les années 70, il tiendra le café Le Willy à l’angle de place de l’Arche Dorée et de la rue Bury. Il fera encore quelques bals et donnera des cours d’accordéon. L’un de ses derniers élèves sera le très jeune Stéphane Fougeray, future référence Saumuroise du monde de l’accordéon.

Roger Caillé

Caricature de Roger Caillé par Roger Papillon, 1955, dans Les bonnes mines de Papi, éd. Cheminements, 2000.

(1909-2003). L’animateur, un temps, de l’orchestre Harry Bing porte plusieurs casquettes. Roger Caillé est trompettiste pour les bals le week-end et adjudant-chef de la fanfare de l’École de Cavalerie. En 1945, il a créé à Saumur le centre d’instruction des trompettes-majors qui deviendra en 1994 la fanfare principale de l’Arme Blindée et Cavalerie. Il a écrit de nombreuses partitions pour les fanfares militaires mais aussi quelques divertissements comme Claudine et Jean-Claude dédicacé à (ses) chers enfants. Plusieurs disques 33T Decca ou Corélia témoignent de l’activité musicale militaire intense de Roger Caillé.

Johnny Hallyday à Saumur

Johnny à Saumur, extrait de la bande dessinée du Magazine de Saumur n°11, hiver 1997/98. Nicolas Jolivot.

Le vendredi 30 juin 1961, l’atmosphère est surchauffée, les jeunes se préparent à assister au super gala des vedettes de la tournée Canetti au théâtre de verdure du château organisé par le Comité Permanent des Fêtes. Beaucoup ont déjà réservé leurs places au numéro de téléphone 4-55, ont payé les trois nouveaux francs du ticket d’entrée. Ils écoutent d’abord Henri Genès accompagné par l’orchestre de Charles Oleg, puis Colette Renard, et s’impatientent de voir la vedette du soir, ce chanteur à haute tension encore adolescent, parfaitement bien élevé et fort timide annonce le journaliste de la Nouvelle République qui applaudit son talent précoce, ses cris, ses danses et ses excentricités mais ne comprend pas le comportement des fans. Il regrette qu’en son honneur, se déplacent des fans turbulents et bizarrement accoutrés. Johnny Hallyday à Saumur, comme sur le pick-up, comme sur Europe 1 à 17h30 dans l’émission Salut les copains, des jeunes Saumurois n’osent y croire ! Johnny qui envoie Vingt-quatre mille baisers à son public féminin… le fossé générationnel est creusé, il y a désormais le monde du « jeune » et celui des vieux.

On peut s’étonner de cette programmation par un Comité Permanent des Fêtes Saumurois plutôt enclin à proposer des groupes folkloriques de France et des galas plus classiques. Mais quand le CPF a retenu la proposition de la tournée Canetti en 1960, la vedette était Colette Renard. Il ne pouvait savoir qu’entre 1960 et 1961, un inconnu ou presque deviendrait l’idole des jeunes !

Contribuer à l’année 1961

Si vous souhaitez apporter votre pierre à l'édifice 1961. Vous pouvez remplir le formulaire ci dessous :

    Taille limites des fichiers 6Mo

    Pour des fichiers de taille supérieur merci de laisser un message, nous organiserons le transfert, merci.

    Ils sont passés
    par ici

    Jacques Brel

    L’illustre chanteur et son pianiste Gérard Jouannest ne se sont pas posés à Saumur, mais juste à côté, à Martigné-Briand, invités, aussi incroyable que cela puisse paraître, pour la kermesse annuelle de la commune le 27 août 1961. La venue de l’auteur-interprète, déjà bien connu pour Quand on n’a que l’amour ne passe pas inaperçue !

    Yvette Giraud

    Très connue à l’époque, elle se produit à Gennes au mois d’août 1961. Pour la petite histoire, elle est la chanteuse de la première version traduite en français de Love me Tender d’Elvis Presley sous le titre L’Amour qui m’enchaîne à toi.