1962/63

Et si le premier disque de musiciens Saumurois de la nouvelle vague des sixties avait été enregistré par des élèves du lycée d’état venus d’un horizon lointain ? Ce serait le début d’une belle histoire, cette année-là la la, l’année 62, comme chantait Claude François.

Les Kimonos

C’est le légendaire guitariste Saumurois Yves Savariaud qui m’a mis sur la piste des Kimonos. Il se souvenait d’un élève d’origine asiatique, pensionnaire au lycée d’état, qui jouait très bien de la guitare et auprès de qui, au début des années 60, Yves a appris ses premiers accords. En cherchant sur internet, en recoupant des noms, des lieux, des dates, je suis tombé sur un article publié il y a une vingtaine d’années dans un journal de l’île de la Réunion. Ho Hai Quang, devenu économiste, y racontait son enfance, sa jeunesse et celle de son frère.

Issus d’une famille de musiciens, Ils ont quitté l’Indochine (futur Vietnam) en 1952 avec leur mère. Thanh, le frère, jouait de temps en temps sur les marchés et avait monté une formation de jazz à l’internat du lycée de Saumur puis il s’est associé à son jeune frère Ho Hai Quang pour constituer un duo « rock », Les Kimonos. Le cadet avait découvert les Everly Brothers grâce à un GI’s de la base américaine près de Saumur, une révélation ! Les deux frères feront une brève participation musicale dans le film Adieu Philippine de Jacques Rozier en 1963 (tourné deux ans auparavant), crédités alors sous le nom de Les fils du ciel. Alors qu’ils finissent leurs études, en 1962, ils enregistrent leur 45T pour les disques Vogues puis en décembre de la même année, avec Les Surfs, Franck Alamo, Pierre Perret et d’autres, ils chantent en première partie de Dionne Warwick et de Little Stevie Wonder (sa première année de concerts, il a 13 ans) à l’Olympia pendant la quinzaine Les idoles des jeunes. L’année suivante, Ho Hai Quang arrêtera de jouer pour se consacrer à ses études supérieures et parce qu’il vit mal de chanter avec des inspirations musicales américaines pendant les bombardements du Vietnam.

Ci-dessous, le morceau Mon banjo :

 

 

L'orchestre Roger Melluau

Orchestre de Roger Melluau. Decker/Angibaud 18515.

Sur la photo ci-dessus prise par Decker en 1963, dans un des manèges de Saumur il me semble, on peut voir Roger Melluau au centre. Roger Melluau a formé au bal quantité de musiciens dont le jeune guitariste Dominique Robineau qui jouera dans l’orchestre en tant que remplaçant, de 1973 à 1974, et qui formera à son tour, quelques années plus tard, parmi les meilleurs guitaristes Saumurois au Point d’Orgue. À l’accordéon, avec sa fine moustache, il s’agit de Jean Fautras. Pour les autres musiciens malheureusement, il m’est difficile de préciser les noms. Roger Melluau est entouré, comme dans les autres orchestres, de musiciens qui n’étaient pas professionnels à temps plein mais avaient une autre activité en semaine. En arrière-plan, derrière la batterie, Armand Goyet (1930-1994), apiculteur, en est l’exemple. Conseiller général et maire de La Breille-les-Pins pendant deux mandats, Armand Goyet sera aussi l’un des plus grands défenseurs de la musique localement en étant directeur de la société musicale de Vernoil, président de l’union départementale des sociétés de musique du Maine et Loire, président de la fédération régionale des sociétés musicales des Pays de la Loire et des 19 sociétés saumuroises affiliées à la fédération départementale des sociétés musicales.

Armand Goyet fut aussi batteur dans l’orchestre Ambiance au milieu des années 70. Coll. Philippe Rigaud.

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G.M.C. quartet

Cet orchestre reprend des standards de jazz en trio ou en quartet. Il est constitué des lycéens de Saint-Louis Pierre-Yves Humeau à la guitare, Jacky Villette au saxo, et Pierre Gouin au piano. Le quatrième musicien n’est pas sur la première photo, ce soir de mars 1962, dans la salle des fêtes de l’institution Saint-louis. L’ensemble G.M.C. se charge de la partie musicale entre les représentations théâtrales de Bérénice de Racine interprétées par les philos-maths et quelques filles du Cours Dacier. G.M.C. a commencé l’année précédente, en septembre 1961 à la salle Jeanne d’Arc de Saint-Hilaire-Saint-Florent pendant la journée Flash 61 et s’est produit ensuite à la salle du foyer des Ponts.

G.M.C. en 1962. Le Courrier de l’Ouest.

Orchestre Harry Bing

L’orchestre Harry Bing en 1962. Decker/Angibaud.

On peut reconnaître dans cet orchestre des musiciens qui ont joué dans d’autres formations, notamment Colette Janny au piano. Il n’est pas difficile de la reconnaître puisque si l’on regarde de très près cette photo, on peut voir que son nom est écrit sur son second instrument, un excellent accordéon Fratelli Crosio 120 basses.

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    Les Compagnons de la chanson

    Constamment en tournée, ils sont à nouveau sur la scène du théâtre le 18 janvier 1962 pour le plus grand plaisir des Saumurois et du président du Comité Permanent des Fêtes et adjoint municipal aux Beaux-Arts Maurice Fournier !

    Dick Rivers

    L’un des premiers rockers célèbres de France est invité le 22 juillet 1963 par le comité des fêtes de Gennes. Vient-il sans les Chats Sauvages ? La presse n’en parle pas, mais c’est pendant cette tournée estivale que le chanteur va se séparer de ses musiciens. On n’imagine pas comment une si modeste ville pourrait inviter aujourd’hui une si grande vedette !

    Ça se passe
    par là

    En ce début des années 60, ces publicités dans Le Courrier de l’Ouest indiquent qu’on peut acheter des disques chez Tabarly, rue d’Orléans ou chez Bracq, rue Saint-Jean.