1964

Empoigner son instrument comme la bride d’un cheval fougueux et monter sur les planches pour l’aventure, des copains de lycée ont osé. Gilles, le plus discret d’entre eux, derrière sa batterie, deviendra l’artisan majeur de la scène musicale Saumuroise pendant cinquante ans.

The Rangers

The Rangers au théâtre : Robert Bie, Christian steinmetz, Yves Savariaud, Gilles Gouin, et Gérald Duval. Coll. Gilles Gouin.

En mars 1963, après quelques essais sous le nom des Tridents, Yves Savariaud à la guitare et Gilles Gouin à la batterie créent The Rangers avec Robert Bie et Jackie Beugnon qui seront remplacés par Jean-Claude Castillo à la guitare et au chant, et par Gérald Duval à la clarinette. Christian Steinmetz au piano se joindra à eux tandis que Jacques Omédès assure la partie technique. Leur premier concert digne de ce nom se déroule à Bagneux dans la salle du Familial, le 5 janvier 1964. Pantalons foncés, cravates et chemises blanches, les musiciens sont très présentables et leur répertoire va de Sidney Bechet aux Shadows, ce qui leur permet de passer dans les foyers de jeunes en y ajoutant des twists et des madisons.

The Rangers : Gilles Gouin, Christian Steinmetz, Jean-Claude Castillo, Yves Savariaud et Gérald Duval.
Coll. Yves Savariaud.

The Rangers sont invités par l’abbé Loiseau à jouer au foyer du Fort en février 1964 pour une des premières surprises-parties du patronage devant une soixantaine de garçons. Au troisième morceau (un madison), le public commencent à danser et les morceaux suivant remportent un beau succès. Ce public est plus nombreux encore aux Veillées savoyardes (version garçon le 2 mars et version filles le 16 mars) organisées au cinéma le Rex par l’aumônier des lycéens et lycéennes. Le groupe prend de l’expérience, si bien qu’il est invité par madame Legrand de la mairie à jouer au foyer du théâtre (la salle des fêtes du centre ville) le 1er juin 1964 pour la fête des mères de famille.

The Rangers en 1963 : Yves Savariaud, Gilles Gouin, Gérald Duval, Jean-Claude Castillo. Coll. Yves Savariaud.

Heureux de leur soirée, et sur les conseils de Lionel Raffault, figure musicale locale, le groupe enregistre au bar restaurant le Poisson Rouge un 45T de quatre titres : Petite fleur de Sidney Bechet, A Mess of Blues de Doc Pomus et Mort Shuman (interprété par Elvis Presley en 1960), Washington Square (instrumental de The Village Stompers paru en 1963) et Hasard, une composition d’Yves Savariaud. Ils enregistrent sans Jean-Claude Castillo mais avec Yves Legrand à la guitare et grâce à un technicien du magasin Tabarly sur un gros magnétophone à voyants. Le 25 septembre 1964, le disque, gravé par Triomphator arrive à Saumur. The Rangers organise un cocktail de lancement au théâtre le 31 octobre 1964. L’abbé Gauthier fait imprimer 500 invitations, Gigon et Chevet font des prix sur les gâteaux et le mousseux. A la fin de la soirée, 38 disques à 1000 anciens francs (environ 13 euros) sont vendus et dédicacés. Ce disque a été diffusé une fois dans l’émission Salut les copains, sur Europe numéro 1. Le groupe jouera encore un peu, avec Alain Vérité à la guitare, puis se séparera quelques mois plus tard, en 1965, chacun allant vers ses études ou ses activités professionnelles.

Le disque de The Rangers, 1964.
Coll. Michel Alzon

The Rangers, A Mess of Blues de Doc Pomus et Mort Shuman :

The Gentlemen

The Rangers accompagnés par le trio d’Harmonicistes The Gentlemen.

Ce trio d’harmonicistes accompagne parfois The Rangers. Ils seront ensemble à nouveau au théâtre le 1er avril 1965 pour la campagne contre la faim dans le monde, organisée par les jeunes, et pour les jeunes.

Yves Savariaud

Guitariste, chanteur, auteur, compositeur, Yves Savariaud naît à Saumur l’année où Édith Piaf chante pour la première fois Les amants de Paris. Il fait partie de ces jeunes qui ont de l’énergie à revendre ! Il passe son enfance dans le centre ville de Saumur, taquine le poisson dans la Loire, et s’intéresse tôt à la guitare, autant pour le son qu’elle produit que pour ses formes courbes. À 9 ans, ses parents lui offrent l’instrument de ses rêves qu’il pratique résolument, sans cours, puis avec les conseils des élèves plus âgés du lycée. Il pratique aussi l’harmonica, un Hohner chromatique, le même que le grand Albert Raisner ! En même temps que sa participation aux Rangers, l’homme de tous les talents se consacre à l’aviron et devient champion de France cadet en 1964, et finaliste junior l’année suivante. Il est aussi à cette époque meilleur lanceur de disque du département, ça ne s’invente pas, puis il se consacre presque définitivement à sa carrière d’enseignant sportif. On entendra cependant reparler de lui musicalement deux décennies plus tard !

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    Claude François

    Les bureaux de réservation du théâtre ont été pris d’assaut. Après son passage dans Sports Dimanche à la télé, la critique musicale yéyé ne tarit pas d’éloges pour ce jeune garçon arrivé si rapidement au firmament des idoles. À Saumur, ce 8 avril 1964, la presse est dubitative, non sur son talent, mais sur l’installation d’une sonorisation pour ceux qui aiment le bruit pour le bruit et d’ajouter : Les jeunes s’amusent avec les jeunes, à leur façon bruyante qui n’est pas la nôtre. Gilles Gouin, batteur du groupe Saumurois The Rangers, fait connaissance avec le groupe de la première partie, les Gams et avec les musiciens de Cloclo, Les Lionceaux. Il les rencontre après le concert, lors du dîner au Café du Commerce. Le second passage de Claude François, le 24 novembre 1966, sera moins chaud et le tour de chant plus rapide, laissant le public, hors les fans, sur sa faim. Par contre, en première partie, le chanteur Christophe, fera forte impression.

    À Doué-la-Fontaine

    Chaque été depuis 1959, se déroulent à Doué-la-Fontaine les Journées de la Rose sous la houlette du rosiériste et maire (l’année suivante) Jean Bégault avec une programmation de spectacles de variété aux arènes de Doué. En juillet 1964, le public assiste aux représentations de Sacha Distel et Rika Zaraï.