1965/66

Gloria ! La scène rock Saumuroise naît au foyer populaire et culturel de la Bayard à Saint-Hilaire-Saint-Florent. Les vieux vont devoir s’y faire : la musique rock’n roll, c’est d’abord un son qui frotte énergiquement les oreilles !

Les Mystic Eyes

Les Mystic Eyes en 1966, à la salle Jeanne d’Arc de Saint-Hilaire-Saint-Florent.

Ils ont pris pour nom de scène le titre d’un morceau du groupe irlandais Them et se nourrissent de leur style rock et rhythm and blues. Ils écoutent les Stones, évidemment. Au foyer de Saint-Hilaire-Saint-Florent où ils répètent, les quatre jeunes musiciens bricolent leur matériel pour que leur son ressemble à quelque chose. Les guitares de Jean-Pierre Auger, de Gilles Beaulieu et de Dominique Lorillard ne sont pas encore des marques de légende. Jacques Retailleau est au chant et à l’harmonica, et il pratique la batterie avec un assemblage hétéroclite de vieilles cymbales et d’une caisse claire de fanfare. Qu’importe, l’objectif est de monter sur la scène et la première se déroule le 16 septembre 1966 à la salle Jeanne d’Arc de Saint-Hilaire-Saint-Florent pour la Super-boom 66. Le journaliste du Courrier de l’Ouest relate la prestation sur un ton résigné : Que l’on aime ou pas le jerk, tout  cela est affaire de goût, mais il faut dire que la formation a su créer une ambiance à nulle autre pareille, fracassante pour les yeux comme pour les oreilles. Puis Mystic Eyes enquille le week-end suivant dans la salle Bouvet de la même commune pour la dansante Nuit du jerk. Le journaliste finit par l’admettre : la jeune formation fait beaucoup parler d’elle actuellement et elle a mis au point un répertoire très complet d’une très grande intensité musicale, c’est le moins qu’on puisse dire… Cheveux longs ou cheveux courts, tout ceci est question de goût ou de mode, mais le «jerk», lui, à une grande place au soleil actuellement. Le public des jeunes, plus exalté que le journaliste, en redemande. On comprend pourquoi, face à ce succès, Mystic Eyes est invité en octobre par l’orchestre de bal réputé de Lionel Raffault pour participer au gala de la Nuit du cyclisme.

Annonce dans le Courrier de l’Ouest, novembre 1966.

À force de répétitions, l’orchestre (on ne dit pas encore groupe) sera invité en première partie d’un concert à Cholet l’année suivante. Les galères de tournée commencent, la petite équipe prend le car le dimanche matin mais comme le concert dure tard le soir, elle doit rentrer en taxi. Le cachet y passe. Gilles Beaulieu et Dominique Lorillard devront quitter Saumur. Leur départ mettra fin au groupe en 1967, mais Jean-Pierre Auger et Jacques Retailleau n’ont pas dit leur dernier mot.

Jean-Louis Grelier

Yves Savariaud accompagne à la guitare un autre jeune saumurois, Jean-Louis Grelier, sur la scène du théâtre pour une seconde soirée caritative organisée par les scouts en faveur de la lutte contre la faim en 1966. Il est reconnu au chanteur par la presse un talent certain dans son interprétation des œuvres de grandes vedettes de la chanson de cette époque. À la suite de cette prestation, Jean-Louis Grelier reçoit ses premières lettres d’admiratrices qui lui disent d’écrire ses propres chansons, ce qu’il fera par la suite… Ce duo Savariaud/Grelier se retrouvera ensemble deux décennies plus tard pour de nombreux projets.

Les Rapp’s

Basé aux Rosiers-sur-Loire, l’orchestre est composé de Roger, Alain et de deux Patrick qui jouent des chansons au goût du jour pour la jeunesse selon la presse. Les Rapp’s se produisent à la foire expo des Verchers-sur-Layon en juillet 1965. Le mois suivant, ils interviennent dans le cadre de Cap jeunesse à Doué-la-Fontaine et le journaliste n’y va pas avec le dos de la cuillère paternaliste : leur tenue de scène est négligée, leur langage est bien pauvre pour s’adresser au public et la sonorisation est mauvaise. Peu d’indulgence pour des jeunes qui débutent, qui n’ont peut-être pas boutonner leur veste alors qu’ils ont quand même une cravate, et qui n’ont pas facilement accès à l’époque à du matériel haut de gamme. Ils ont pourtant remporté le 2e prix au festival de la coupe inter-jeunes du marché-gare d’Angers en janvier 1966. 

Les Rapp’s aux Verchers-sur-Layon en 1965. Article du Courrier de l’Ouest.

The Damp's

Peu d’infos sur cette formation qui, comme son nom le suggère, vient de Dampierre-sur-Loire. Elle s’est produite au moins une fois en 1965, à la fête de l’assemblée de Cunault, en juillet.

The Damp’s. Article du Courrier de l’Ouest.

Saint-Louis blues

Pour la seconde année, les scouts de France organisent une soirée caritative au théâtre pour lutter contre la faim dans le monde. The Rangers et The Gentlemen sont à nouveau invités en compagnie d’une chorale de onze chanteurs accompagnés à la guitare, les Saint-Louis Blues, qui reprennent des titres de Louis Armstrong et de Ella Fitzgerald. Un autre orchestre vient de Saint-Hilaire-de-Roiffé. La photo de presse d’avril 1965 ci-dessous n’est pas légendée, mais un témoin de l’époque se souvient qu’il s’agit d’un groupe provenant de l’Institution Publique d’éducation surveillée, la maison de correction qui dépendait de la prison de Fontevraud.

Article du Courrier de l’Ouest.

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    Les Compagnons de la chanson

    Encore ! Le théâtre est plein comme un œuf le 24 février 1965 pour la venue du plus célèbre groupe vocal de l’époque.

    Tino Rossi

    Tino Rossi chante avec Jacqueline Boyer au théâtre le 24 mars 1965 dans l’opérette Le temps des guitares. 

    Luis Mariano

    Le grand Luis peine à remplir le théâtre le 27 novembre 1965. La Belle de Cadix a peut-être pris un coup de vieux…

    Ronnie Bird

    à Doué-la-Fontaine, les jeunes ont la chance de recevoir en décembre 65 ce rockeur français à la carrière éphémère (1964/1969) mais qui est une grande vedette à l’époque.

    À Doué-la-Fontaine

    Pour les Journées de la Rose et le festival de l’été 1965, le public des arènes voit passer sur scène rien de moins que France Gall, Pierre Perret, Michèle Torr, et Claude François ! Pour l’été 1966, le public des arènes écoute attentivement Charles Aznavour, Pierre Perret, et Enrico Macias !

    France Gall

    La chanteuse vient au foyer du théâtre municipal le 1er mars 1966 non pour chanter, mais pour une opération commerciale menée par le magasin de mode La Femme chic. 

    Sacha Distel

    Le guitariste, chanteur et animateur de shows télévisés, est invité à chanter au gala de l’amicale des parachutistes organisé sous chapiteau sur l’île Millocheau le 4 juin 1966 devant près de huit cent spectateurs. 

    Claude Nougaro

    Invité par le foyer rural d’Allonnes, il chante sur la place du mail le 24 juillet 1966 devant un public clairsemé. La presse ne l’épargne pas : si Claude Nougaro est plus agréable à entendre qu’à voir, il fut cependant très applaudi.

    Ça se passe
    par là

    En avril 1966, le maire Lucien Gautier signe le dossier de construction de l’ensemble socioculturel de la place Verdun.

    Avec les jeunes dans le vent est le titre de la première rubrique consacrée aux jeunes dans les quotidiens locaux. Chaque semaine, le Courrier de l’Ouest parle des nouvelles activités des jeunes et parfois de leurs orchestres. Le jeune devient un nouveau public, une catégorie bien définie dans la société.