1968/69

« Le Pop-Music (sic), qu’est-ce que c’est ? C’est anglais, c’est en quelque sorte la section musique de l’art Pop. Une formule qui fera du bruit ! » augure le journaliste de la presse locale qui découvre ce mot pour la première fois.

The Blues Motion

The Blues Motion en 1969 à la Villa Plaisance de Saint-Hilaire-Saint-Florent, Jean-Pierre Auger, Patrice Deniau de dos et Christian Bouron clope au bec.

Ex Mystic Eyes en partie deux ans auparavant, The Blues Motion muscle le son, avec des références à Led Zeppelin et à Deep Purple et développe le répertoire blues de John Mayall et de Peter Green de Fleeetwood Mac. The Blues Motion est le premier orchestre Saumurois de jeunes, avec un répertoire uniquement pop-rock à se produire régulièrement dans la région. En 1969, le groupe remporte un tel succès au foyer du théâtre municipal qu’il doit rejouer le lendemain pour ceux qui n’ont pu entrer. Il se produit dès le début de l’année, le dimanche 12 janvier 1969 en matinée, au Puy-Notre-Dame, avec la bonne idée d’organiser un service de car gratuit au départ de Saumur, place Bilange, à 14h30. En 1969, Blues Motion tourne car ils ont un « imprésario » qui leur trouve des dates. Mais le soir du bal sur parquet couvert à Bagneux, le 26 octobre, ce manager part avec la caisse et personne ne le reverra. Avec le départ de deux musiciens, le groupe se séparera au début de l’année 1971. En mars, le Golf Drouot les invitera, trop tard, au grand tremplin rock national. 

Annonces dans le Courrier de l’Ouest.
Jean-Pierre Auger avec The Blues Motion, 1969. Photo Jérôme Decker.
Christian Bouron, bassiste de The Blues Motion, 1969. Photo Jérôme Decker.

The Waves

Formation musicale de Saint-Hilaire-Saint-Florent en 1968 avec la famille Deniau. Patrice qui deviendra le chanteur de The Blues Motion est au chant, à la guitare, à l’harmonica, son frère Joël est à la guitare et le cousin Éric aussi. Ils reprennent des titres de Donovan et de Bob Dylan.

The Waves. Article du Courrier de l’Ouest.

 

Interstellar overdrive

Interstellar Overdrive. Article du Courrier de l'Ouest.

Il y a toujours eu et il y aura toujours des jeunes pour faire avancer les choses : Jean-Pierre Auger, président du foyer des jeunes, section de l’association populaire et culturelle La Bayard de Saint-Hilaire-Saint-Florent relancé depuis quelques mois, et Patrice Deniau, vice-président, organisent dans la salle Jeanne d’Arc le premier petit festival du Saumurois, intitulé Pop Music, le dimanche 25 février 1968. Cet après-midi-là, l’ambiance est au top pop ! Un orchestre de Bourgueil, The Shames, est invité, et le groupe Florentais The Waves et celui de Saumur The Bridge partagent la scène avec Interstellar Overdrive (du nom de l’instrumental de Pink Floyd paru en 1967) dont Jean-Pierre Auger est le guitariste. Dans ce milieu musical naissant très masculin, une place est laissée aux jeunes filles de la Bayard-Ardente puisqu’elles proposent deux ballets entre les passages des orchestres. Les journalistes présents constatent que cette manifestation est un succès, un spectacle de variété particulièrement attachant (NR du mardi 27 février). 

Patrice Deniau

Patrice Deniau, chanteur de The Blues Motion, au foyer du théâtre en 1969. Photo iconique de Jérôme Decker.

Dans leur répertoire, The Blues Motion avaient bien sûr le superbe Need your love so bad et le Black Magic woman de Peter Green de Fleetwood Mac. Le chanteur, guitariste et harmoniciste Patrice Deniau achète chaque semaine le Melody Maker à la Maison de la presse, place Bilange. Après découverte et sélection dans la revue, il commande les disques chez Tabarly, rue du Portail-Louis. The Blues Motion répète au foyer des jeunes de Saint-Hilaire-Saint-Florent qui est situé près du stade de foot de la Bayard. Les instruments et les amplis appartiennent au groupe mais il n’a pas de sono. Pour chaque concert, il doit en louer une chez Raffault, rue Saint-Jean. Avec un matériel pas toujours adapté, Patrice Deniau avoue qu’il s’est cassé la voix plus d’une fois. Après The Blues Motion, il quittera Saumur pour enseigner au collège Saint-Joseph de Segré où, avec son frère Joël, ils créeront une comédie musicale avec les élèves, chaque année pendant 26 ans.

Jacques Retailleau

Jacques Retailleau, batteur de The Blues Motion. Photo Jérôme Decker.

Bien connu à Saumur où tout le monde le surnommait Beatles, Jacques Retailleau est le batteur des Mystics Eyes de 1966 à 1967 et de The Blues Motion, de 1969 à 1971. À l’époque où je l’ai connu, à la fin des années 1990, il avait échangé ses baguettes de musicien pour des pinceaux de peintre, la peau de sa caisse claire contre des toiles tendues sur lesquelles il peignait des paysages galactiques. Dans ces mêmes années, Jérôme Decker m’avait confié une pochette de ses photographies concernant The Blues Motion, le plus beau témoignage photographique de la fin des années 60 autour de la musique saumuroise. En regardant les photos, Jacques Retailleau m’avait raconté quelques anecdotes. Il se souvenait que sa sœur lui taillait des costumes de scène dans du tissu de rideau fleuri. Flower power !

Eddy Morgan

Photo coll. Jean-Paul Rousseau.

La photo ci-dessus est une pépite. Parmi les centaines de photos que j’ai pu collecter montrant très souvent les orchestres et les groupes sur scène ou posant pour la photo officielle, rares sont celles qui parlent des coulisses. On peut voir sur celle-ci Roger Tremblay à l’accordéon qui fait passer une audition au chanteur guitariste Jean-Paul Rousseau (ex The Bridge) chez ce dernier, dans le quartier des Chapes Noires (Hauts-Quartiers maintenant). En 1969, Roger Tremblay est en train de renouveler l’orchestre Eddy Morgan. On pourra constater dans les années suivantes combien Roger Tremblay a toujours su sentir les évolutions musicales et scéniques des orchestres de bal et comprendre les transformations sociétales des publics jusqu’à la création de sa propre discothèque.

Orchestre Eddy Morgan avec Jean-Paul Rousseau et Jean-Pierre Gallais aux guitares, 1969. Photo coll. Jean-Paul Rousseau.

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    Les 4 Barbus

    Ce groupe vocal réputé se présente sur la scène du théâtre municipal le 6 avril 1968.

    André Dassary

    Le célèbre chanteur d’opérette se produit place de la République dans le cadre du festival d’été gratuit organisé par le Comité Permanent des Fêtes et la municipalité en Juillet. Le journaliste du Courrier de l’Ouest est élogieux : Dassary demeure un prestigieux chanteur et son emprise est totale sur un public désormais lassé des vociférations Yéyé ou des timbres fêlés et sirupeux dont on il a trop longtemps été abreuvé. Un visionnaire, ce journaliste !

    Enrico Macias

    Pendant ce temps, Les Journées de la rose de Doué-la-Fontaine, pour leur dixième anniversaire, invitent comme chaque année pendant l’été la fine fleur de la variété : Nicole Croisile en marraine, Serge Lama, Adamo, Enrico Macias, Yvan Rebroff et, en première partie quelqu’un qui n’est pas encore ce qu’on appelle une grande vedette : Michel Sardou. On voit à ce programme ébouriffant la différence entre la municipalité Douessine du maire et rosiériste Jean Bégault et celle Saumuroise de Lucien Gautier ! Ceci dit, ce dernier avait fort à faire cette année-là encore pour ne pas voir le Cadre Noir quitter Saumur.