La scène Saumuroise s’exporte quand le batteur et chanteur d’un groupe va briller à Paris. Et puis un festival se met en place, la même année qu’Elixir, le premier grand festival rock français créé en Bretagne.
Blue Jean
Coll. Michel Fazi.
Le groupe Blue Jean n’a pas tourné énormément en deux ans d’existence, mais il n’est pas constitué de débutants ! Chacun a déjà une longue expérience en orchestres de bals. Michel Fazi, réputé pour savoir chanter tout en jouant de la batterie, abandonne les baguettes pour ne se consacrer qu’au micro. L’affichette ci-dessus est réalisée par BernardNunusJean le batteur qui est aussi peintre en lettres. C’est lui qui, par exemple, décorera la devanture du bar le Rouge et Noir et les ultimes frises du restaurant le Trianon. Il est en bas à gauche du montage. En haut de gauche à droite : Dominique Robineau à la guitare, Michel Fazi au chant, Stéphane Leclercq. En bas à droite : Claude Landuré à la basse.
Annonce presse CO.
Michel Fazi
Trash en 1981 avec Michel Fazi, debout, à droite sur la photo de D. Gorgietti qui servira pour la pochette du disque Dix ans après.
Né à Saumur l’année où Elvis Presley sort son deuxième album Elvis, Michel Fazi a grandi dans le quartier Saint-Nicolas, rue Courcouronne. Son père était batteur dans différents orchestres de bals. Michel Fazi intégra l’orchestre Stone Age en 1972, cinq ans plus tard, ce fut l’orchestre tourangeau Dix de Der puis Blue Jeans en 1978. En 1980, il partira en région parisienne pour devenir le chanteur du groupe Trash. Ce groupe n’aura que deux années d’existence (1979-1981) et un seul album enregistré (Dix ans après) malgré un avenir national voire international prometteur, un gros budget pour le matériel, et pour les costumes flamboyants à l’image des groupes de heavy rock de l’époque. En 1981, l’album sortira en vinyle. Son contenu sera légèrement différent de la version K7. Trash fera quelques passages télévisés, dans l’émission Studio 3 avec le titre Monnaie-Monnaie, dans Dimanche Martin et dans l’émission consacrée au Chopper sur France 3. En cette même année 1981, le groupe mettra fin à son existence. Michel Fazi reviendra chaque année, l’été, sur Saumur. Il chantera lors de la fête de la musique en juin 1986 sur la place de la République. Il quittera la France en 1994 pour Montréal où il deviendra décorateur pour le cinéma et peintre. Toujours passionné de musiques et de paroles, Il sortira en 2021 un album autoproduit, Orphé, et restera, pour les Saumurois, la vedette musicale des années 70 et 80.
Patrick Gody
Coll. Patrick Gody.
Patrick Gody est né l’année où Glenn Miller joue In the Mood. Il a passé son enfance face à la Loire, sur le quai Mayaud. Très jeune, il entendait chanter son père, fan de Tino Rossi, puis il chanta lui-même des titres de Mouloudji et de Richard Anthony dans les fêtes familiales. Sa première révélation fut Polnareff avec La Poupée qui fait non. En 1973, il a commencé à écrire des textes et des mélodies qu’il a présentés sur scène lors d’un radio crochet à Doué-la-Fontaine. L’année suivante, il est devenu pendant six mois aide de plateau à l’ORTF et a rencontré le milieu du show business. Il continua de composer tout en apprenant la guitare. Après quantité de petits boulots, d’auditions et de rencontres musicales parfois infructueuses, il revient à Saumur, chante et joue seul le 16 juin 1979 place du Marché pendant la soirée organisée par la Jeune Chambre Economique intitulée Les musiciens dans la cité. Il y est invité par la MJC et est apprécié du public pour la fraîcheur de son talent et son humour constate la presse locale. Il chantera ensuite à Saumur et dans la région avec le groupe saumurois Épithètes, par exemple le 29 mai 1982 à l’Éstaminet de la Fosse-de-Doué et, en 1983, au château de Montsoreau.
Patrick Gody, le 16 juin 1979, place du Marché. CO / Archives SVL 70Z32.
Avant de repartir pour Paris, il prendra le nom de Kevin Orli et sera l’un des premiers à enregistrer dans le studio créé au Point d’Orgue dont l’ingénieur du son est Philippe Rigaud, avec Pascal Marcault aux claviers qui connaît les chansons, AlainDuduDuré à la batterie, Dominique Robineau à la guitare et Claude Landuré à la basse. Patrick Gody terminera second d’un tremplin organisé par FR3. Sur Paris, comme il travaille pour France Loisir en porte à porte, il décidera de reprendre cette méthode à son compte, enregistrera un nouvelle album grâce à Pascal Marcault, dupliquera ses cassettes d’enregistrement et les vendra donc aussi en porte à porte. Le 21 novembre 1987, il reviendra momentanément sur Saumur pour la première partie du concert d’Alice Dona au théâtre. Il contactera l’Olympia début 1988 pour voir si Jean-Michel Boris peut lui offrir les lieux comme il le fait parfois pour des jeunes talents. On lui proposera la date du 16 décembre 1989 mais juste avant le concert, des galères de matériel et de désistements vont s’accumuler. La prestation sera cependant appréciée par les 400 personnes du public. Il fera des premières parties dont celles de Fabienne Thibault, de Georges Chelon, de C Jérôme (sur bande), ou de la chanteuse américaine Amanda Ambrose au théâtre Marigny. Il continuera sous le nom d’Eliot Solunter.
Discographie : Faut S’Réveiller, cassette 10 titres composition enregistré au Studio 37. Guitare basse, claviers, choeur, programmation et arrangement Pascal Marcault (1987). Sous le nom d’Eliot Solunter : Monic, autoproduction, CD, 2007. Briser le carcan, autoproduction CD.
Star Mitchell
Orchestre où l’on retrouve Michel Sécheret au chant et à l’accordéon, François Virlogeux à la basse, (suivi par Claude Landuré), de Joël Guyot à la batterie et de Jacky Voyer à la guitare. Celui-ci laissera sa place ensuite au tout jeune Bruno Druart. En 1979, Star Mitchell partagera la scène avec Lionel Raffault pour la dernière apparition de son orchestre. En 1982, leur chanteur est Didier.
Starshooter
Fond d’affiche du concert. Archives SVL 41Fi127.
Starshooter, célèbre groupe punk-rock français des années 70-80 avec son chanteur-guitariste Kent Hutchinson, est en concert le 26 octobre 1978 à la salle Beaurepaire sur une invitation de la MJC. Dans la presse locale, on mélange un peu tout, le punk, le rock, le funk. Alain Mariez, qui travaille pour le Courrier de l’Ouest avant d’intégrer La Nouvelle République s’attend à voir sur scène un groupe punk avec des crêtes sur la tête et des épingles à nourrice dans le nez. Evidemment, il verra un bon gros groupe de rock, avec un big son, du pétillant, du délirant, du frénétique, un retour aux vieux rocks des années 60, un pastiche des Stones dit-il. Ce n’est déjà pas si mal !
Le concert de Starshooter à la salle Beaurepaire. CO / Archives SVL 70Z32.
Variétés au théâtre
Un jeune chanteur, Philippe Deschamps, organise le 10 avril 1978 au théâtre un spectacle au profit de l’UNICEF avec la chorale Cigale et Grillons de Brain-sur-Allonnes et le groupe folklorique La Perle de l’Anjou. Quelques années plus tard, on le connaîtra mieux sous son nom de scène : Philippe Ménives.
Le premier festival
Festival sous chapiteau. CO / Archives SVL 70Z32.
Une sorte de coup d’essai a lieu le vendredi 27 juillet 1979 au théâtre des Nobis à Montreuil-Bellay. Stéphane Leclercq et Claude Landuré (qui jouent ensemble dans Blue Jean) programment un concert folk, jazz et rock. Le rock, représenté par le groupe Paris, est plutôt hard rock. Il est constitué de musiciens qui formeront Trash dans lequel Michel Fazi deviendra chanteur.
Annonce presse.
Deux mois plus tard, le samedi 27 et le dimanche 28 octobre 1979, ils réitèrent en voyant très grand à Fontevraud où ils font installer un chapiteau chauffé de 5000 places pour les deux soirées dans le parc du logis Bourbon. La programmation est impressionnante : une dizaine de groupes dont Tequila, Bijou, Au bonheur des Dames, et pour la première fois sur le territoire un set reggae avec le groupe anglais formé par des musiciens jamaïcains, The Cimarons. Une réussite pour la musique et l’organisation du parking et du camping, mais la fréquentation n’est pas suffisante le dimanche soir pour équilibrer le gros budget ! Les deux acolytes prennent le bouillon et doivent combler le trou de 80000 francs de l’époque. Ce festival n’en reste pas moins dans la légende puisque c’est le premier de la région saumuroise ! Il est mentionné dans la biographie de Bijou (Vie, mort et résurrection d’un groupe passion) écrite par Jean-François Jacq (édition L’écarlate, 2014, p.164) : Mi-octobre, Bijou se produit à Bruxelles, puis le 27 dans le cadre d’un festival se déroulant à Fontevraud, près de Saumur, aux côtés de Téquila,…, Au Bonheur des Dames, puis le 8 novembre à Gargenville.
Il reste très peu de témoignages photographiques de ce grand moment. À la veille des années 80, il est encore compliqué de faire des photos avec un boîtier normal pendant un concert live. Heureusement, il subsiste quelques négatifs déposés par le Courrier de l’Ouest aux archives municipales de Saumur. Sur l’un d’eux, on peut voir le groupe Nantais Téquila (quasi aussi connu que Téléphone à cette époque) et sa bassiste Claudine Lapart. CO / archives SVL 70Z32.
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Ils sont passés par ici
Les Compagnons de la chanson
Ils sont de retour sur la scène du théâtre, invités par la municipalité le 13 octobre 1978.
Jazz hot
Le 4 mars 1978, un quartet jazz peine à rassembler une centaine de personnes dans le parterre du théâtre. Pourtant, il s’agit de pointures : Guy Lafitte au saxophone, Luigi Trussardi à la basse, Maurice Vander au piano et Daniel Humair à la batterie !
Affiche du concert.Dossier MJC, archives SVL 41Fi551.
À Doué-la-Fontaine
En juillet 1978 pour les Journées de la rose : Alice Dona, Serge Lama, et une récente vedette, Alain Souchon. En 1979,Patrick Topaloff, Carlos et Marie-Paule Belle.
Alice Dona
Elle chante au théâtre de Saumur, programmée dans le cadre de la Semaine de la chanson organisée par l’Agence culturelle associative municipale et Radio Saumur le dimanche 22 novembre 1979. Elle est accompagnée de sa fille Raphaëlle Maeva (Ricci) sur les trois derniers morceaux. Le Saumurois Kevin Orli (Patrick Gody) passe en première partie.
Sam Rivers
Ce grand jazzman américain s’est produit sur la scène du théâtre le 4 juillet 1979, en compagnie des non moins illustres musiciens Dave Holland à la contrebasse, Bobby Battle à la batterie et Joe Daley au tuba.
Marie-Paule Belle
Ultra connue pour sa chanson La parisienne, elle est sur la scène du théâtre le mardi 6 mars 1979.
Ça se passe par là
Au Point d’Orgue
Gilles Gouin a pris la suite du magasin Au Point d’Orgue en septembre 1975 au 23, rue de la Tonnelle. Trois ans plus tard, face au succès, il transfère le magasin au 25 de cette rue avec 200 mètres carrés d’exposition. Il joint au rayon des instruments celui de la Haute fidélité et s’attache les services de Serge Lancereau. Gilles Gouin dispose alors d’un auditorium avec possibilité d’écoute comparative. Ci-dessous : Gilles Gouin dans la partie vente d’instruments : orgues électroniques, pianos, batteries, guitares, violons, trompettes. Les marques Yamaha et Selmer y sont très présentes. Document publicitaire, mai 1978, CO.