Il y a ceux qui jouent de la musique, et c’est déjà merveilleux ! Et puis il y a ceux qui sont nés pour la musique qui fait sacrément bouger. Un trio va relancer la scène saumuroise festive pour une décennie :
Los Woumpapos
Graphisme F. Piriou / Coll. André Musso.
Los Woumpapos (ou Les Woumpapos) seront en concert avec La Ruda pour l’inauguration de la salle Le Beau Repaire le jeudi 7 mai à 18h30. Le trio était déjà remonté sur la scène saumuroise le 17 janvier 2025 au bar-brasserie l’Annexe.
Concert des Woumpapos au bar l’Annexe en 2025 avec comme invités deux membres de Rude Boy System. NJ.
Los Woumpapos : Grabs, Shoug et Guillaume, fête de la musique 1989. Photo D. Bizos, Archives Saumur Val de Loire.
La petite bande, composée de François Shoug Piriou à la basse et au chant, de Dominique Grabs Morisset à la guitare électrique et au chant, et de Guillaume Rouseman Rousé à la batterie, n’a pas vécu bien longtemps, mais elle reste mythique pour une génération de Saumurois. Elle est le précurseur de la Saumur wave des années 90 dans un style endiablé qu’on comparait alors aux Stray Cats, du psycho ska disait-on. Pierrot, de la Ruda, reconnaîtra l’influence essentielle de cette formation. De 1988 à 1989, les trois évadés du quatorzième siècle d’un pays (la Woumpapamie) qui chantent en woumpapé enflamment le public de leur premier concert à la salle de l’UAS rue Beaurepaire le 26 novembre 1988 lors d’un concert organisé par le collectif saumurois de l’Appel des 100 pour la paix et le désarmement. (Pour la paix, ce qui n’a pas empêché un peu de baston après le concert). Los Woumpapos et Witchcraft jouent devant 200 spectateurs dans la salle de sport située à côté de la salle Beaurepaire car celle-ci est en cours de rénovation. Depuis plusieurs années, les amateurs de rock saumurois ont peu l’occasion de se réjouir localement alors ce concert tombe à point. Bertrand Gilet, dans la Nouvelle République, le confirme : il y a belle lurette que la bonne ville de Saumur n’avait pas vibré au son de la musique rock (NR. 29-11-89). Laurent Ranlo Mercier, grand connaisseur, précisera dans un article publié sur Zicorama (le portail des musiques du Maine et Loire) en 2003 : Fin 80, place à l’un des groupes les plus prometteurs qu’ait connu la ville : Los Woumpapos. Leurs sets survitaminés, subtil mélange de psycobilly et de ska, retentira bien au-delà des frontières de la région. Incontestablement, ils ont insufflé une dynamique nouvelle sur le paysage musical local.
Hyper collector : le pochoir de Los Woumpapos conçu par François (Shoug) Piriou en 1988. Coll. André Musso.Affiche du concert salle beaurepaire, 1988. Avec des dessins de François (Shoug) Piriou. Coll. André Musso.Shoug et Grabs, Los Woumpapos, 1989, fête de la musique 1989. Photo D. Bizos, Archives SVL.
Si je peux me permettre un souvenir personnel, étant étudiant à Paris et fréquentant de temps en temps Le Gibus du Faubourg du Temple, je revenais parfois sur Saumur et quand j’ai assisté au concert des Woumpapos au London Pub, je me suis dis : Ouah! ça bouge aussi à Saumur ! Trêve d’aparté, en début d’année suivante, les Woumpapos visent plus loin, à Nogent-le-Rotrou par exemple, où ils jouent en compagnie des Washington Dead Cats (Shoug en deviendra plus tard le bassiste) quand bien même le batteur Rouseman a encore une jambe dans le plâtre (mais n’est pas manchot remarque le public). François, Dominique et Guillaume se présentent à la presse locale comme deux lycéens et un glandeur (qui est le glandeur ?), ce qui ne les empêche pas de signer en 1989 un contrat de prestation avec Le Bateau Ivre de Tours. Ils sont en première partie des Satellites et doivent assurer leur set de 21h à 21h30 (rappel compris) contre 500 francs de cachet (aujourd’hui 140 euros) et quatre repas chauds. C’est le métier qui rentre !
Le texte fondateur qui explique, selon Shoug, où était la Woumpapamie, qui étaient les Woumpapos et quelle langue ils parlaient. Coll. André Musso.Couverture du dossier de presse Los Woumpapos, 1988. Coll. André Musso.Affiche du concert des Woumpapos au London Pub en 1989. Coll. A. Musso.Affiche concert des Woumpapos à Cholet, 1989. Coll. André Musso.
Witchcraft
Witchcraft le 26 novembre 1988, en première partie de Los Woumpapos, salle Beaurepaire. Olivier (Tintin) Brestin, Frédéric (P’tit Fred) Gouin, Frédéric Girard. Coll. P. Duport.
En 1986, après le départ du chanteur Olivier Buf du groupe Sheol, Patrick Duport, Frédéric P’tit Fred Gouin et Frédéric Girard créent un nouvel « orchestre » avec Olivier Tintin Brestin (futur Spicy Box) à la basse. Witchcraft, dans un style assez hard-rock, avec des compositions, a joué localement, à Tours (salle de la Fauvette) et en concert avec Los Woumpapos le 26 novembre 1988 à la salle de l’UAS, rue Beaurepaire, pour ce fameux concert «pour la paix» qui reste un jalon dans l’histoire de la musique amplifiée saumuroise et qui sera perturbé à la fin par une « bande » de skins. Witchcraft s’arrêtera en 1989, mais on retrouvera Patrick Duport derrière son instrument dans la formation longuéenne d’Yves Savariaud Electrogène.
Patrick Duport, batteur de Witchcraft. Coll. P. Duport.Witchcraft en 1988. Photo article CO.
Guillaume Rousé
Né à Saumur l’année de la mort deJimi Hendrix, Guillaume Rouseman Rousé a grandi dans les Hauts quartiers, qu’on appelait encore les Chapes noires. Ses premiers souvenirs musicaux sont la compilation bleue des Beatles et un best d’Otis Redding appartenant à sa mère. Le petit Guillaume avait de l’énergie à revendre. Avant même de taper sur des futs et des cymbales, il tapa le ballon, le sport et le football étant ses premières passions. Il passa ses années collège en sport-études à Angers, et quand il revenait le week-end sur Saumur, il prenait des cours de batterie au Point d’Orgue le samedi matin avec Alain Dudu Duret pour professeur. De retour à Saumur pour suivre l’enseignement du lycée technique, il se prit définitivement au jeu de la batterie, acheta son premier album de Téléphone, découvrit Stewart Copeland de The Police et Topper Headen de The Clash et voulut intégrer un groupe. Il connaissait déjà Dominique Grabs Morisset qui fréquentait lui aussi le lycée, mais c’est en participant à l’émission Bretzel liquide ! sur Radio Saumur qu’il rencontra les animateurs, Grabs et François Shoug Piriou. Il intègre donc Los Woumpapos en 1988. François Piriou, qui avait déjà commencé à travailler la basse, passa sans hésitation ses baguettes au jeune et doué Guillaume. Après quelques concerts à Saumur, à travers la France, et la dose de galères qui va avec, il décidera sur un coup de tête, le 2 janvier 1991, de quitter Saumur pour Paris avec quelques francs en poche. Grâce à des contacts sur la capitale, il travaillera en intérim pendant six mois en cherchant un groupe, ce sera les Dileurs. Il continuera de jouer avec Infraktion et rejoindra en 1999 le groupe pop rock Superbus (jusqu’en 2006). En 2007, il quitte Paris pour Nantes et constituera le groupe La Phaze, puis Cash Stevens, Pungle Lions et rendra hommage à The Clash lors de concerts événements avec The last band in town. Pendant la rédaction de ces lignes, il est technicien sur la tournée de Jean-Louis Aubert.
Guillaume (Rouseman) Rousé. Image extraite du dossier de presse des Woumpapos, 1988. Coll. A. Musso.
Klimax
Créé en 1988, Klimax, dans son style pop rock et space rock, jouera au tremplin du Blues Rock Magazine en 1996, fort d’une cinquantaine de concerts souvent hors du Saumurois (Bourgueil, Chinon, Orléans, Sens) mais quand même à Saumur au bar le Silure notamment, le 12 décembre 1993, avec Éric Civray le bassiste crieur, Laurent Chapuis le chanteur et guitariste larsenneur, Yves Goussaire le batteur remplacé par Arnaud Marin. On les verra à la fête de la musique entre 1996 et 2003. Klimax Jouera en avril 1993 pour la soirée organisée par les BTS de Sadi Carnot à Saint-Martin-de-la-Place. Influencé par Téléphone, Trust ou AC/DC, Klimax compose des titres inspirés de l’actualité comme Gorba rock mais se fait fier de ne pas suivre les modes musicales du moment.
Annonce presse NR pour le passage de Klimax au bar le Silure, 12-12-92.
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Ils sont passés par ici
C. JERÔME
Triomphe pour le chanteur qui interprète quelques chansons pendant l’émission de RTL Casino parade enregistrée au théâtre et diffusée le 22 juin 1988.
LA COMPAGNIE CRÉOLE
L’une des plus importantes fréquentations des Journées de la Rose de Doué-la-Fontaine (29e édition), en juillet 1988. Près de 3000 personnes sont serrées dans les gradins. Certaines se feront rembourser leur ticket tant elles étaient mal placées pour apprécier le spectacle.
NANCY HOLLOWAY
Invitée pour la seconde édition du festival Autour du Jazz au théâtre le 10 mars 1989, celle qui fut une grande vedette des années 60, notamment avec la reprise en français T’en vas pas comme ça du Don’t make me over de Dionne Warwick, remporte un grand succès dans un répertoire plus jazzy.
MOULOUDJI
Il revient à Saumur le 6 mai 1989, seize ans après son premier passage, devant le public du théâtre qui ne l’a pas oublié (300 spectateurs), dans le cadre des animations décentralisées de la foire-exposition.
HAIR
La célèbre comédie musicale se joue sur la scène du théâtre le mardi 10 octobre 1989. Elle est interprétée par la Broadway musical Company. Le public n’est pas tout à fait le même que pour les tournées Barret et le vieux théâtre n’avait encore jamais vu, depuis cent vingt-six ans, des comédiens s’agiter quasi nus sur ses planches.
Ça se passe par là
LONDON PUB
Situé rue Beaurepaire, le London Pub remplace en 1988 le Café des Arts (le seul bar où il était possible de trouver des scopitones à Saumur dans les années 60). Pendant huit ans, jusqu’en 1996, il programmera de nombreux groupes musicaux avant de devenir le local trop calme d’une énième agence d’assurance.