1990

L’âge d’or de la scène saumuroise commence avec des carreaux noirs et blancs, sur les affiches, sur les chemises, un côté ska 2-tone revisité, et une ambiance surchauffée le long du coteau, dans les caves, et jusqu’à l’Optimum de Candes.

Mic and the Mystics

Détail d'affiche. Graphisme Ludovic Hamelin.

À son retour de Londres, Alain Michou assiste au concert des Woumpapos, avec qui il se lie d’amitié et découvre des affinités musicales. Lui est plutôt orienté punk rock garage et musique mods, eux sont plutôt du style psychobilly. Ensemble, ils fondent Mic and the Mystics soit Alain Mic Michou et Frédéric Barzo Gastineau au chant, Guillaume Rouseman Rousé à la batterie, François Shoug Piriou à la basse et Dominique Grabs Morisset à la guitare. Le groupe répète à Villebernier dans le garage du parrain d’Alain Michou et, faute de matériel, le micro chant est branché directement sur l’ampli guitare de Grabs ! En plus du répertoire habituel des anciens Woumpapos, Alain Mic intègre des reprises mods comme My Babe de The Remains, Nobody but me de The Human Beinz, Born loser de Murphy and the Mob. Une version ska des Portes du Pénitencier est même créée. Cinq minutes après l’écoute du morceau d’origine, les musiciens le jouent en direct, une vraie Rolls-Royce sonore se souvient Alain Michou qui portait costard et lunettes noirs, tapait le tambourin tandis que les autres se sapaient en fringues sixties. Leur premier concert a lieu au bar Le Butterfly, le 1er mai 1990 (Comme ils ont tous un peu le trac, le patron leur offre quelques rasades d’eau de vie sixties de 1966. Ils se produiront environ toutes les trois semaines, le 10 juin et le 14 juillet de la même année au London Pub de Saumur, rue d’Orléans pour la fête de la musique, puis au Trois Orfèvres à Tours, à l’Optimum de Candes-Saint-Martin et à Poitiers.

Mic and the Mystics à l’Optimum de Candes, en 1990. Rouseman, Mic, Shoug et, assis sur l’ampli Marshall, Laurent (Ranlo) Mercier. Photo coll. A. Michou.
Grabs et Mic, Mic and the Mystics, 1991, dans les caves du Val Hulin. Photo Jean-Claude (JC) Pasquier.
Barzo et Shoug, Mic and the Mystics, 1991, dans les caves du Val Hulin. Photo Jean-Claude (JC) Pasquier.
Alain (Mic/Mica) Michou, Mic and the Mystics, 1991, dans les caves du Val Hulin. Photos Jean-Claude (JC) Pasquier.

En 2019, Mic and the Mystics s’est reformé près de trente ans après leur création, le temps d’une soirée, à Montreuil-Bellay, en compagnie de Natty Rebel Roots et de Crazy Boldub. Voir vidéo Youtube ci-dessus.

Dominique (Grabs) Morisset, guitariste de Mic and the Mystics, 1990. Photo coll. A. Michou.

 

Alain (Mic) Michou

Alain (Mic/Mica) Michou dans les années 90. Photo Armelle Latour.

Alain Mic /Mica Michou, chanteur, DJ, disquaire, et surtout agitateur musical, est né l’année où The Eyes jouent My Degeneration. Il a grandi au Coudray-Macouard puis à Saumur. Pour ses dix ans, il n’a pas reçu de train électrique mais une pile de 33T offerts par sa marraine, dont Their satanic majesties request des Rolling Stones, Made in Japan de Deep Purple, un Elton John… Il a vite remarqué que ce n’était pas la même musique que dans les émissions des Carpentiers du samedi soir à la télé ! À treize ans, il écoutait Patrice Blanc-Francard sur France Inter, Trust, AC-DC. Il accumula les disques et devint jeune DJ derrière son tourne-disque pour les booms de collégiens du samedi après-midi où il mélangeait les succès du moment et ses propres trouvailles. À 16 ans, il fut serveur au bar Le Jockey, place Bilange, le repère des Teddy boys fans de rock & roll. En 1985, appelé sous les drapeaux, il s’est retrouvé sur une base aérienne en Meurthe-et-Moselle. La sonnerie du clairon matinal et la musique qui marche au pas n’était pas les seules nouveautés mélodiques : dans la chambrée, il a fait la connaissance de Fred, un Mod de Paris qui lui a fait découvrir un nouveau monde musical : The Kinks, The Who, Spencer Davis Group, les compilations Pebbles, Nuggets, Back From The Grave, Eva, le Ska, le Reggae, et lui a offert une cassette audio remplie de ses vinyles préférés (mais sans aucun titre écrit). Elle servira de boussole musicale à Alain Michou : le déclic, ça a été cette cassette, j’ai passé toute une partie de ma vie à retrouver tous ces morceaux. Après son service militaire, il a fait plusieurs voyages «d’études musicales» à Londres où il retrouvait quelques jeunes Saumurois exilés. 

Alain Michou (période rap). Dessin N. Jolivot, 1997.

Pinky Toys

Groupe éphémère créé en 1990 avec Pablito Pab Rozeau (guitare), Anthony Rozeau (batterie), Christophe Titi Desgré (guitare), et Sébastien Glet (basse). Ils font quelques démos et jouent en ouverture des Souris déglinguées à Mouliherne.

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    MUSIC BOX

    En début d’année, Alain Michou ouvre un magasin de disques rue du Marché. Il travaille avec les fournisseurs indépendants spécialisés dans les musiques alternatives, Newrose, Danceteria… et fait de nombreux aller-retour sur Paris. C’est le graphiste Ludovic Hamelin qui dessine le logo. On peut y trouver 2000 vinyls et CD de premier choix. Mais la concurrence du rayon de disques de Leclerc, les traites à payer et ses clients qui ne sont pas tous des enfants de milliardaires vont abréger l’existence de la boutique. Elle fermera trois ans plus tard. Alain Michou ira travailler ensuite au Virgin Megastore de Paris, au service des imports du dépôt d’Aubervilliers.

    Music Box, rue du Marché. Coll. A. Michou.
    Affiche Music Box. Graphisme Ludovic Hamelin. Coll. A. Michou.
    Affiche Music Box. Peinture Philippe Duchesne. Coll. A. Michou.

    EVASION

    Le CD remplace le vinyle. La musique n’est encore pas dématérialisée,