1993

Concentré sur sa musique et avec une ambition peu commune, un groupe Saumurois va atteindre les plus hautes marches de la scène musicale française et tutoyer le show business.   

Spicy Box

Tout début : Spicy Box en 1990. Olivier (Tintin) Brestin, Frédéric (Z) Duzan, Olivier (Laloul) Basset, Marc Plantin. Photo CO/Archives SVL.

Au début, Spicy Box répétait au foyer culturel de Brain-sur-Allonnes, mis à sa disposition par la mairie en échange de l’organisation d’un concert par an dans la salle municipale. (Le 27 mars 1993, les associations Ohm Sweet Ohm et Gazoline organisent donc dans cette salle un concert avec un groupe local naissant, Délit de fuite, et les Spicy Box). Fin 1993, les choses deviennent sérieuses pour Spicy Box et des décisions sont prises : Il faut répéter tous les jours, de midi à minuit et ceux qui ont un boulot le laissent tomber pour se consacrer uniquement à la musique. Frédéric Fanfan Janin, qui jouait d’abord des bongos et faisait des choeurs dans la formation initiale, occupe la place attitrée de co-chanteur. Le groupe prend une carte de France et un compas, trace un cercle de 300 km autour de Saumur tandis qu’ Isabelle Zaz Verron la manageuse étudie l’Officiel du Rock et contacte tous les lieux de concerts qui sont dans ce cercle. Spicy Box réussit alors à jouer un ou deux soirs par semaine dans la région. Le staff technique est trés soudé, en plus des cinq musiciens et de Zaz, il y a le sonorisateur Alain Lesparat et un éclairagiste, Jérôme Lulu Lubin. Des cassettes 4 titres sont envoyées aux maisons de disques et SP signe sur Crash Disques, le label parisien Punk Rock de Marsu (ancien manageur de Bérurier Noir). C’est sur ce label qu’est enregistré leur premier disque éponyme Spicy Box.

Spicy Box, janvier 1994, au concert des Restos du Cœur. Marc (Daron) Léclaircie, Frédéric (Z) Duzan, Frédéric (Fanfan) Janin. CO / Archives SVL 70Z15.

Les paroles des morceaux sont en français et le groupe mélange le rock à un côté groove avec des boucles de sons et des samples enregistrés par Frédéric Z Duzan sur des disquettes 4 pouces avec trés peu de mémoire. Pendant leur tournée au Quebec pour l’édition locale du Printemps de Bourges, SP oubliera ces disquettes et c’est Frédéric Fanfan Janin qui devra improviser au micro pour les remplacer pendant le concert. Les Spicy Box seront approchés par des majors comme Sony Records puis un directeur artistique de la célèbre Island Records viendra assister à l’un de leurs concerts, à Paris. Il rencontrera le groupe chez Alain Lesparat et Zaz à St-Hilaire-St-Florent. Après une longue discussion sur la liberté artistique, ils signeront. On leur proposera d’enregistrer le disque suivant aux Antilles, au studio Island des îles de Trinidad et Tobago. Le groupe préfèrera s’isoler dans un studio mobile installé dans une ferme médiévale dans la Nièvre, à Clamecy, plutôt que de perdre leur « jus créatif » entre plage et cocktails. En 1997, sortira donc le second disque Movements avec le logo du petit palmier d’Island, le même qu’on voit sur les disques de Bob Marley. Près de 25000 exemplaires de l’album seront vendus. Durant cette période le groupe jouera dans la cour des grands. Il se retrouvera le 28 mai 1997 sur le plateau de Canal+ pour l’émission Nulle Part Ailleurs pour une scène énergique de Plein pouvoir à ton corps (voir vidéo ci-dessus), puis sera nominé en 1998 pour les Victoires de la Musique dans la catégorie Meilleur album Dance. Ils se retrouveront sur scène entre Patricia Kass, Gilbert Bécaud et Johnny qui, en sortant de scène, confiera à Frédéric Janin : C’est pas possible, maintenant, à chaque fois que je chante, je sue.  En avril 1998, Fanfan et le guitariste Marc Daron Léclaircie partiront vers de nouveaux projets. Resteront Olivier Tintin Brestin à la basse, Frédéric Z Duzan au chant, Vincent Refray aux percus, Alain Lesparat, et des machines dans leur propre studio d’enregistrement. Spicy Box se reformera en 2026.

 

Discographie : Spicy Box (1995, Crash Disques), un mini EP 3 titres Spicy Box (1996, Island), Mouvements (1997, Island), Love and Revolution (2000, Island).

Frédéric (Z) Duzan et Olivier (Tintin) Brestin. CO / Archives SVL 70Z15.

Frédéric (Fanfan) Janin

CO / Archives SVL 70Z15.

Frédéric Fanfan Janin a passé son enfance à Saumur, rue Robert Amy. Dans la maison familiale, ses frères ainés écoutaient pas mal de musiques, allant de Brassens, Brel, Barbara au Rock de Peter Frampton, des Doors et de Pink Floyd. Joël Guillon, le fils de ses voisins horticulteurs, était batteur dans l’orchestre de bal Les Florianistes. Il avait installé sa batterie dans la cabane de leur jardin. Lors de ses répétitions, le son de l’instrument arrivait régulièrement jusqu’aux oreilles du jeune Frédéric qui a fini par en discuter avec le batteur. Joël lui proposa de faire un essai et lui enseigna les rudiments de l’instrument. Puis il suggéra aux parents de l’élève d’investir dans une batterie d’étude. En 1991, après deux ans passés en région parisienne, Frédéric Fanfan Janin rentra à Saumur et racheta la batterie de Dudu, un Punk Saumurois parti vivre à Londres (en bonus il y avait les baguettes en bois d’ébène noir). Puis il rencontra Danny et Vincent Ecault, tous deux guitaristes : un groupe anonyme et éphémère vit le jour avec quelques reprises de Noir Désir et des Red Hot Chili Peppers. Frédéric Janin est emmené par Danny Ecault voir répéter des musiciens au foyer rural de Brain-sur-Allonnes, le groupe Spicy Box. De cette rencontre est née une aventure qui durera sept ans. Plus tard, après la fin de Spicy Box, il retrouvera d’anciens musiciens de Shout, Pablito Pab Rozeau, Anthony Rozeau et leur manager Laurent Ranlo Mercier. Ils répéteront à la Maison du Rock de Saint-Lambert-des-Levées. C’est en ce lieu qu’il rencontreront le guitariste Kazim avec qui ils créeront Upset.

Arnaud Good

Arnaud Good en 1996. Photo presse NR.

Pop-Rock années 80 en français (1993-2000), Arnaud Good est la réunion d’anciens membres de Swift Toppers, avec des compositions sur des textes de Vincent Mag Magrangeas, avec l’incontournable Olivier Laloul Basset à la batterie, Vincent Magrangeas au chant, Olivier Guilmet à la guitare, Claude Cherot à la basse et Laurence Bob Delaunay au chant. Le groupe tourne dans la région pendant de longues années. Il sera retenu deux fois pour participer au tremplin du Blues Rock Magazine (1996 et 1999), participera à la fête de la musique 1999, jouera au Poker le 11 mars 2000, la liste pourrait être longue !

Arnaud Good : Laurence (Bob) Delaunay et Vincent (Mag) Magrangeas au chant. Photo P.-Y. Breuze.
Arnaud Good : Claude Cherot à la basse. Photo P.-Y. Breuze.
Arnaud Good. Photos P.-Y. Breuze.
Arnaud Good au début des années 2000, place de la République. Photo M. Goumettaud.

Titre 1 du CD d’Arnaud Good autoproduit, musique A. Good, paroles Vincent Magrangeas.

 

Philippe (Maje) Rigaud, suite.

Philippe Rigaud en chef d’orchestre pour le concert annuel du Point d’Orgue, salle Beaurepaire, 1985. CO / Archives SVL 70Z35.

En 1993, Philippe Maje Rigaud (voir année 1975) créé son école de musique et l’association Pro-Musica. Ce qui ne va pas sans créer quelques tensions avec Gilles Gouin et son école du Point d’Orgue. Finalement, face à une forte demande de cours et une approche différente de l’enseignement musicale, chacun y trouve son compte. Pour la première fois à Saumur, en 1996, on entendra parler, grâce à lui, de musicothérapie et de relaxation par la musique. Il fera en fin de chaque année le concert de son école à la salle Beaurepaire avec une partie de ses 150 élèves. Il est aussi l’arrangeur et l’orchestrateur des clowns musicaux Les Rossyann sélectionnés par deux fois au festival international de Monte-Carlo. II installera en 1998 une bibliothèque musicale virtuelle dans son local de cours, près de la place Verdun, une borne interactive de distribution de partitions. Toujours aussi passionné par les évolutions techniques, Il enseignera également, assisté de Fabrice Bedouet, la musique assistée par ordinateur. C’est à ce dernier qu’il cèdera son école de musique en 2000 pour aller s’installer en Sardaigne. Il y restera 19 ans, prendra le bateau pendant quelques années pour aller donner des cours de musique à Bonifacio ou à Porto-Vecchio. Il reviendra dans la région saumuroise, discrètement, mais avec un studio de musique installé chez lui pour composer et enregistrer tout ce qu’il n’a pas eu le temps de faire dans une vie musicale si riche et si remplie.

Fair Warning

Fair Warning au BRM. CO / Archives SVL 70Z21.

Formé en 1993, Fair Warning est plutôt tendance hard rock d’inspiration Van Halen par exemple. On peut voir et écouter le groupe à la fête de la musique 1994. Il participera au tremplin rock du Blues Rock Magazine le 22 avril 1995.

Aurore Dubos

Aurore Dubos en 1993. Photo presse NR Éric Pollet.

Originaire de Varennes-sur-Loire, née l’année où Laurent Voulzy chantait Rockollection pour la première fois, Aurore Dubos savait déjà depuis son enfance qu’elle en ferait une profession : à 15 ans, elle était déjà la chanteuse, tous les samedis soirs, dans l’orchestre de bals saumurois Gil-Bert’s Jeandson. Parallèlement, elle travaillait sa voix avec le professeur de chant du Point d’orgue Patrick Nivelle. En 1993, elle est Lauréate du concours organisé par le magazine Salut ! (ex Salut les copains), année où paraît son premier CD intitulé Espoir, dix titres écrits et composés par des amis tourangeaux. Elle partira sur Rennes puis reviendra à Saumur en 2002. Aujourd’hui encore, en 2026, Aurore Dubos est chanteuse professionnelle et coach vocal. À écouter ci-dessus sa belle interprétation de Il me dit que je suis belle de Patricia Kaas (Paroles et musique de Sam Brewsky, arrangement de Éric Benzi, SM Publishing France, JRG Editions musicales, 1993.)

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