Peu à peu, les influences musicales de la scène musicale Saumuroise s’ouvrent aux cultures du monde entier, dépassant les références anglo-américaines :

Sébastien Mame Cheikh Geffard, (ou P’tit Geff) est né à Saumur l’année où Bob Marley and The Wailers ont enregistré l’album Catch a fire. Sébastien Geffard a passé son enfance à Bagneux, un ballon au pied, a pratiqué le football intensément avec Pierrot (futur chanteur de la Ruda). Il a passé les vinyles du hit parade appartenant à sa mère et à sa grand-mère sur le tourne-disque familial, Vanina de Dave, Laissez-moi danser de Dalida, Tonight des Rubettes, mais c’est la chanson de Charles Aznavour Emmenez-moi qui l’a captivé plus particulièrement. Les arrangements, la diction parfaite du chanteur, mais surtout les paroles étaient un appel au voyage, à l’aventure et à la découverte des autres… À 21 ans, l’un de ses amis, Fabrice Fradin, a été invité au Sénégal et lui a proposé de l’accompagner. Le temps de réflexion fut… d’une minute, puis direction le quartier HLM2 dans la banlieue de Dakar pour six mois. Sur place, il s’est immergé dans la vie africaine et a étudié les percussions avec le maître-tambour mandingue Louis Badji à Ouakame sur la côte atlantique. En 14 ans, Sébastien Geffard est allé quatre fois au Sénégal (à deux reprises avec Christophe Titi Desgré, premier guitariste de Shout, puis avec Carlos Froux, et deux fois au Mali pour de longs séjours avec son groupe de percussions mandingue Yirikan où ils ont travaillé avec le grand maître guinéen Amara Kanté. Il a vécu au Liban et en Guadeloupe où il a expérimenté les tambours Gwoka. Pendant ses escales saumuroises, Sébastien Geffard a joué de la batterie chez Ludovic Turpin (Fola Family) qui avait pour professeur… Dudu du Point d’Orgue. En 2000, il a monté la formation de percussions Fola Family qui a écumé bars, fêtes et festivals pendant quatre ans. Un cd auto-produit est enregistré au home studio de Mathieu Mamat Naulet aux Ulmes. Deux autres ensembles de percussions traditionnelles mandingues verront le jour : Yirikan (2005-2009) et Fölikan (2014, toujours en activité). Parallèlement à ses différents projets, il participera à la batucada saumuroise Acousmik (2005-2014) en compagnie de nombreux musiciens de la scène locale. Il participera ensuite à Kad’Krizz avec Christophe Kizzy Roulleau (ex 6ème sens) dans un atypique projet hip hop joué live (percussions/basse/guitare/sample), donnant un cd À la Surface (Full Moon Records). Le groupe se présentera au Tremplin national Buzz Buster et sortira vainqueur de la phase régionale à Nantes pour participer à la finale à Marseille…
Sébastien Geffard sera régulièrement sollicité pour occuper la place de percussionniste dans des groupes saumurois : Zobar All Stars, (reggae-ska), Shawnee and the Fraggles (reggae soul). Il animera des cours de percussions dans les écoles, à la MJC, au Point d’Orgue, et pratiquera la musicothérapie pour des personnes fragilisées dans différentes structures médicales. Si un musicien saumurois sait transmettre les good vibes, c’est bien Sébastien Geffard.

Il reste, heureusement, des orchestres de bals pour accompagner les bons moments de la vie. Celui de Janick Longuet est composé de l’incontournable Sébastien Glet à la basse et à la contrebasse, de Damien Pierre au synthé, de Patricia Cesbron au chant, d’Alain Dublé à la guitare, de Bruno Montiège à la batterie, de l’inusable Jacky Voyer à la guitare et de Janick Ferton à l’accordéon.
Bagneulais dans sa jeunesse, Bruno Montiège a été séduit très tôt par les sons et la rutilance de la batterie. À dix ans, Il a pris des cours, passage presque obligé, auprès d’Alain Dudu Duret au Point d’Orgue puis, quatre ans plus tard, il s’est consacré plus sérieusement à ses peaux tendues et ses cymbales en découvrant le jeu de Manu Katché, en écoutant celui de Billy Cobham (ouah !) et de Steve Gadd. Son parcours musical a été souvent associé à celui du bassiste Sébastien Glet avec qui il a intégré l’orchestre de Jannick Longuet, a fait les débuts d’Outlander, créé Les Mélomanes et rejoindra à nouveau Bruno Druart dans Les Trois Terriens. Formé à l’Institut des arts rythmiques Daniel Pichon à Paris (avec un autre batteur saumurois, Jérôme Lelong), diplômé du Centre de formation de Musiciens Intervenants de Tours (comme Sébastien Glet), il parfait sa discipline à l’école Agostini d’Orléans. Il deviendra enseignant, puis dirigera les écoles de musique de Blou et de Brain-sur-Allonnes en 2007. Il prendra la direction pendant deux ans des centres musicaux ruraux du Chinonais avant de devenir le directeur de l’école de musique de l’agglomération Saumur Val de Loire en 2018. À la question de savoir si, pour échapper à la pression de cette fonction, il se plonge dans la musique en rentrant du boulot, Bruno Montiège répondra qu’il commence par changer de chaussures pour aller courir. Et c’est ensuite, en rentrant, rincé, qu’il apprécie l’écoute d’un Joe Cocker, d’un Lavillier, ou d’un bon vieux Clapton.
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Ils sont (presque) passés par ici : tout est prêt pour accueillir le premier festival reggae de Saumur sur les rives du Thouet. Le service culturel a mis les bouchées doubles, la programmation est au top avec le génial Linton Kwesi Johnson, Mad Professor et Macka B. Comme d’habitude, par principe, et sans connaître le sujet, l’opposition municipale, par les propos d’une élue, s’inquiète pour la sécurité de la Ville de la venue de tant de jeunes, estimée entre 3000 et 10000 ! Mais en ce milieu de juillet, la météo gâche la fête. Le mercredi 18 juillet, le vent, avec des pointes prévues à 90 km/h empêche le montage des éléments scéniques. Le jeudi 19 juillet, la prestation des stars est donc annulée. Heureusement, dans ces moments d’infortune, il reste les plus vaillants : Rude boy System et la Fola Family assurent quand même un concert sur une scène à minima, sous un ciel clément, devant 600 spectateurs et des forces de l’ordre inutilement en surnombre.
Le trio free jazz, l’un des plus réputés de l’époque, passe au théâtre le 29 septembre 2001. La salle est presque remplie, ce qui n’est pas fréquent pour une soirée jazz, et les connaisseurs sont heureux d’entendre Aldo, Henri et Louis !
La formation angevine a passé une partie de l’année précédente dans le désert Malien. Elle revient au théâtre le 2 novembre, accompagnée par un groupe touareg qui saura faire parler de lui internationalement : Tinariwen.
L’association qui gère la Maison du Rock renouvèle son bureau en novembre et revoit ses prétentions à la baisse. Il n’est plus question d’un emploi-jeune, et le nouveau président, Pablito Pab Rozeau (Upset) veut renégocier avec la Ville l’organisation des concerts. Yorick Foucault (Leïtuss) le vice -président, Alexis Foucault, le trésorier, Michael Géneté (Skarot) son adjoint, Yanis Gaboriau, le secrétaire et Joseph Musso (Crazy Boldub) veulent revenir à une seule date pour l’organisation d’un concert en échange de l’aide de la Ville pour des questions d’emploi du temps resserré. Pour la première fois, le bureau de l’association est composé uniquement de musiciens des groupes logés dans la Maison.

De gauche à droite : Joseph Musso, Alexis Foucault, Pablito Pab Rozeau, derrière lui Mickaël Géneté, Yoric Foucault et, assis, Yanis Gaboriau.
Le dynamique Benoît Barreault, recruté par la Ville pour s’occuper des musiques actuelles, bouscule le petit monde culturel saumurois. L’opération Un cèdre au Liban (B.B. a travaillé plusieurs années au Liban) rassemble des conférences, des danseurs et musiciens traditionnels, des projections de documentaires, des bons petits plats libanais, et des groupes de musique actuelle libanais comme Ak’ser qui fait le boeuf avec le groupe de rap saumurois Sixième Sens. NDLA : La déambulation dans le théâtre est libre et joyeuse, elle rappelle le festival de vidéo clip de 1984, ou le tremplin d’artistes de Clip’Art en 1999. C’était avant que le théâtre ne devienne, en se rebaptisant le Dôme, un sanctuaire culturel où chaque porte est verrouillée.
