2001

Peu à peu, les influences musicales de la scène musicale Saumuroise s’ouvrent aux cultures du monde entier, dépassant les références anglo-américaines :

Fola Family

Sébastien Geffard, coll. SG.

Fola Family est un groupe de percussions d’inspiration africaine composé en 2000 de quatre musiciens : Sébatien Mame Cheikh Geffard, Christian Grand Geff Geffard, Johnny Nadjo Pétel (également manager des Soul Fighters), et Ludo qui sera ensuite remplacé par Hervé Pelletier. Le groupe enregistre son cd auto-produit Baobab dans le soul riddim studio aux Ulmes, studio des Soul Fighters, avec Mathieu Mamat Naulet à la table de mixage. La pochette est réalisée par Stéphane Hue. Ils sillonnent le Saumurois, jouent dans les bars le Rouge et Noir, le Café de la Place, le Saint-Jean, l’Abri Cotier, le Parvis, le Nantilly, … et font les premières parties de Rutabaga, de See Your Soul, et celle de Rude Boy System, devant le Théâtre de Saumur, le 19 juillet 2001, pour le concert de la non venue d’LKJ (voir la rubrique ils sont (presque) passés par ici). Ils font également la première partie des légendaires Gladiators, des Mighty Diamonds et de Bongo Herman dans un festival de Reggae aux Pont-de-Cé.

Sébastien Geffard

Sébastien (Mame Cheikh) Geffard, rétrospective Yirikan. Coll. S. Geffard

Sébastien Mame Cheikh Geffard,  (ou P’tit Geff) est né à Saumur l’année où Bob Marley and The Wailers ont enregistré l’album Catch a fire. Sébastien Geffard a passé son enfance à Bagneux, un ballon au pied, a pratiqué le football intensément avec Pierrot (futur chanteur de la Ruda). Il a passé les vinyles du hit parade appartenant à sa mère et à sa grand-mère sur le tourne-disque familial, Vanina de Dave, Laissez-moi danser de Dalida, Tonight des Rubettes, mais c’est la chanson de Charles Aznavour Emmenez-moi qui l’a captivé plus particulièrement. Les arrangements, la diction parfaite du chanteur, mais surtout les paroles étaient un appel au voyage, à l’aventure et à la découverte des autres… À 21 ans, l’un de ses amis, Fabrice Fradin, a été invité au Sénégal et lui a proposé de l’accompagner. Le temps de réflexion fut… d’une minute, puis direction le quartier HLM2 dans la banlieue de Dakar pour six mois. Sur place, il s’est immergé dans la vie africaine et a étudié les percussions avec le maître-tambour mandingue Louis Badji à Ouakame sur la côte atlantique. En 14 ans, Sébastien Geffard est allé quatre fois au Sénégal (à deux reprises avec Christophe Titi Desgré, premier guitariste de Shout, puis avec Carlos Froux, et deux fois au Mali pour de longs séjours avec son groupe de percussions mandingue Yirikan où ils ont travaillé avec le grand maître guinéen Amara Kanté. Il a vécu au Liban et en Guadeloupe où il a expérimenté les tambours Gwoka. Pendant ses escales saumuroises, Sébastien Geffard a joué de la batterie chez Ludovic Turpin (Fola Family) qui avait pour professeur… Dudu du Point d’Orgue. En 2000, il a monté la formation de percussions Fola Family qui a écumé bars, fêtes et festivals pendant quatre ans. Un cd auto-produit est enregistré au home studio de Mathieu Mamat Naulet aux Ulmes. Deux autres ensembles de percussions traditionnelles mandingues verront le jour : Yirikan (2005-2009) et Fölikan (2014, toujours en activité). Parallèlement à ses différents projets, il participera à la batucada saumuroise Acousmik (2005-2014) en compagnie de nombreux musiciens de la scène locale. Il participera ensuite à Kad’Krizz avec Christophe Kizzy Roulleau (ex 6ème sens) dans un atypique projet hip hop joué live (percussions/basse/guitare/sample), donnant un cd À la Surface (Full Moon Records). Le groupe se présentera au Tremplin national Buzz Buster et sortira vainqueur de la phase régionale à Nantes pour participer à la finale à Marseille… 

Sébastien Geffard sera régulièrement sollicité pour occuper la place de percussionniste dans des groupes saumurois : Zobar All Stars, (reggae-ska), Shawnee and the Fraggles (reggae soul). Il animera des cours de percussions dans les écoles, à la MJC, au Point d’Orgue, et pratiquera la musicothérapie pour des personnes fragilisées dans différentes structures médicales. Si un musicien saumurois sait transmettre les good vibes, c’est bien Sébastien Geffard.

Janick Longuet

Il reste, heureusement, des orchestres de bals pour accompagner les bons moments de la vie. Celui de Janick Longuet est composé de l’incontournable Sébastien Glet à la basse et à la contrebasse, de Damien Pierre au synthé, de Patricia Cesbron au chant, d’Alain Dublé à la guitare, de Bruno Montiège à la batterie, de l’inusable Jacky Voyer à la guitare et de Janick Ferton à l’accordéon. 

Bruno Montiège

Bagneulais dans sa jeunesse, Bruno Montiège a été séduit très tôt par les sons et la rutilance de la batterie. À dix ans, Il a pris des cours, passage presque obligé, auprès d’Alain Dudu Duret au Point d’Orgue puis, quatre ans plus tard, il s’est consacré plus sérieusement à ses peaux tendues et ses cymbales en découvrant le jeu de Manu Katché, en écoutant celui de Billy Cobham (ouah !) et de Steve Gadd. Son parcours musical a été souvent associé à celui du bassiste Sébastien Glet avec qui il a intégré l’orchestre de Jannick Longuet, a fait les débuts d’Outlander, créé Les Mélomanes et rejoindra à nouveau Bruno Druart dans Les Trois Terriens. Formé à l’Institut des arts rythmiques Daniel Pichon à Paris (avec un autre batteur saumurois, Jérôme Lelong), diplômé du Centre de formation de Musiciens Intervenants de Tours (comme Sébastien Glet), il parfait sa discipline à l’école Agostini d’Orléans. Il deviendra enseignant, puis dirigera les écoles de musique de Blou et de Brain-sur-Allonnes en 2007. Il prendra la direction pendant deux ans des centres musicaux ruraux du Chinonais avant de devenir le directeur de l’école de musique de l’agglomération Saumur Val de Loire en 2018. À la question de savoir si, pour échapper à la pression de cette fonction, il se plonge dans la musique en rentrant du boulot, Bruno Montiège répondra qu’il commence par changer de chaussures pour aller courir. Et c’est ensuite, en rentrant, rincé, qu’il apprécie l’écoute d’un Joe Cocker, d’un Lavillier, ou d’un bon vieux Clapton.         

See Your Soul

CD 4 titres See Your Soul, 1998, Sys production .

D’orientation musicale reggae, See Your Soul est composé d’une bonne partie des anciens musiciens d’Alaska Story (voir 1997) : Jean-François Fouille Fouillet est à la batterie, Hubert Béru Butaeye à la basse, Paul Polo Chabot aux claviers et futur vidéaste, Vince Chabot à la guitare, Pierre Pierrot Meinvielle à la guitare et au chant, Mathieu Mamat Naulet aux claviers et au chant, Julien Julo Gazeau aux percussions, Gir au son et Tanneguy Chaussepied comme manager, Johnny Nadjo Pétel lui a ensuite succédé. Les répétions se font toujours, comme pour Alaska Story, chez les parents de Mamat aux Ulmes. La belle pochette de leur cd éponyme auto produit et paru en 1998 a été réalisée par Hubert Béru Butaeye. Les musiciens du groupe ont de fortes affinités avec ceux de Rude Boy System, de Shout et de Spicy Box et partagent beaucoup de dates de concerts avec le groupe angevin Rutabaga. Un organisateur de concerts, spécialisé dans le reggae, Simon, bien connu sur la place parisienne, a contacté See Your Soul qui s’est retrouvé à faire les première parties des légendes de cette musique : les Mighty Diamonds, Ras Michael, Dillinger, Misty In Roots. On acceptait de faire des aller-retour jusqu’à Paris à l’Élisée Montmartre juste pour le fun et pour faire connaître notre groupe mais sûrement pas pour l’argent vu qu’on était payés des clopinettes se souvient Mathieu Naulet. See Your Soul participe également au festival Positive Vibrations à la Roche-sur-Yon où figurent notamment LKJ, Tryo, et Jazz Jamaica. Le groupe durera environ 5 ans. Après See Your Soul, Julien Julo Gazeau deviendra percussionniste pour deux groupes de reggae du sud de la France : Positive Roots Band et Rockers Disciples.

Brass Bazar et Gilles Gouin

L’orchestre n’est pas spécifiquement saumurois, mais l’un de ses membres est l’inoubliable Gilles Gouin. Brass bazar est composé de huit musiciens, au saxo, à la clarinette, au banjo, au tuba et, au washboard et au jug : Gilles Gouin. L’idée originale est de transformer des titres populaires d’Aznavour, de Pierre Perret, de Claude François, etc… en standards style new orleans. Un cd a même été produit en 2001. Si quelqu’un le possède, nous sommes preneurs ! Cette rubrique est aussi l’occasion de diffuser la vidéo Youtube de l’agence saumuroise Ignis qui interviewe Gilles Gouin au moment où il vend son magasin Le Point d’Orgue dix ans plus tard. L’homme est humble, réaliste, musicien jusqu’au bout. C’est définitivement, à Saumur, le patron…

Gilles Gouin au début des années 2000. Photo coll. F. Gouin.

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    Ils sont passés
    par ici

    L’Orchestre National de Barbès

    L’ONB, fondé en 1995 par le bassiste, compositeur et ancien musicien de Cheb Mami, Youcef Boukella, se produit au théâtre le 10 mars. L’auteur de ce site a le plaisir de dessiner pendant la journée et la soirée dans les coulisses et dans les loges. Ci-dessous trois croquis :

    Samedi à 15h : déchargement des instruments sur la scène du théâtre.
    Samedi 16h : installation du son.
    Samedi 18h45 : balance.

    Linton Kwesi Johnson

    Ils sont (presque) passés par ici : tout est prêt pour accueillir le premier festival reggae de Saumur sur les rives du Thouet. Le service culturel a mis les bouchées doubles, la programmation est au top avec le génial Linton Kwesi Johnson, Mad Professor et Macka B. Comme d’habitude, par principe, et sans connaître le sujet, l’opposition municipale, par les propos d’une élue, s’inquiète pour la sécurité de la Ville de la venue de tant de jeunes, estimée entre 3000 et 10000 ! Mais en ce milieu de juillet, la météo gâche la fête. Le mercredi 18 juillet, le vent, avec des pointes prévues à 90 km/h empêche le montage des éléments scéniques. Le jeudi 19 juillet, la prestation des stars est donc annulée. Heureusement, dans ces moments d’infortune, il reste les plus vaillants : Rude boy System et la Fola Family assurent quand même un concert sur une scène à minima, sous un ciel clément, devant 600 spectateurs et des forces de l’ordre inutilement en surnombre.

    Romano-Texier-Sclavis

    Le trio free jazz, l’un des plus réputés de l’époque, passe au théâtre le 29 septembre 2001. La salle est presque remplie, ce qui n’est pas fréquent pour une soirée jazz, et les connaisseurs sont heureux d’entendre Aldo, Henri et Louis !

    Lo’Jo

    La formation angevine a passé une partie de l’année précédente dans le désert Malien. Elle revient au théâtre le 2 novembre, accompagnée par un groupe touareg qui saura faire parler de lui internationalement : Tinariwen.

    Ça se passe
    par là

    Mentazik

    L’association qui gère la Maison du Rock renouvèle son bureau en novembre et revoit ses prétentions à la baisse. Il n’est plus question d’un emploi-jeune, et le nouveau président, Pablito Pab Rozeau (Upset) veut renégocier avec la Ville l’organisation des concerts. Yorick Foucault (Leïtuss) le vice -président, Alexis Foucault, le trésorier, Michael Géneté (Skarot) son adjoint, Yanis Gaboriau, le secrétaire et Joseph Musso (Crazy Boldub) veulent revenir à une seule date pour l’organisation d’un concert en échange de l’aide de la Ville pour des questions d’emploi du temps resserré. Pour la première fois, le bureau de l’association est composé uniquement de musiciens des groupes logés dans la Maison.

     

    Photo article CO.

    De gauche à droite : Joseph Musso, Alexis Foucault, Pablito Pab Rozeau, derrière lui Mickaël Géneté, Yoric Foucault et, assis, Yanis Gaboriau.

    Un cèdre au Liban

    Le dynamique Benoît Barreault, recruté par la Ville pour s’occuper des musiques actuelles, bouscule le petit monde culturel saumurois. L’opération Un cèdre au Liban (B.B. a travaillé plusieurs années au Liban) rassemble des conférences, des danseurs et musiciens traditionnels, des projections de documentaires, des bons petits plats libanais, et des groupes de musique actuelle libanais comme Ak’ser qui fait le boeuf avec le groupe de rap saumurois Sixième Sens. NDLA : La déambulation dans le théâtre est libre et joyeuse, elle rappelle le festival de vidéo clip de 1984, ou le tremplin d’artistes de Clip’Art en 1999. C’était avant que le théâtre ne devienne, en se rebaptisant le Dôme, un sanctuaire culturel où chaque porte est verrouillée.

    B. Barreault. Photo Marc Gourdon.