2003

La scène saumuroise est encore dominée par la culture rock alors le hip-hop doit jouer des coudes pour s’imposer. Free style improvisé et balancé sur des instrumentaux, l’exercice est périlleux, pas le droit à l’erreur, il faut un…

Sixième sens

Sixième Sens. Photo Kolia.

On t’expose notre palette de couleurs qui n’est pas rose, on t’propose de regarder en bas de chez nous à quoi on s’expose, on vient poser, s’imposer, causer, mélanger blanc et rouge pour voir la vie en rose. (Les Couleurs du quartier, 2001)

Formation composée de Malik L.I.K Chati, Éric Keddy Kaine Kamba, Christophe Kizzy Roulleau, Lucien SVD/Silvada DaSilva, et Mohrad Mehkaneg, avec DJ Eko et Achaiss. L’origine du groupe se situe en 1997 quand, de retour d’Angers après une recherche infructueuse de disques, Christophe Kizzy et Lucien SVD, lycéens aux Ardilliers ont fait un détour par la boutique Évasion, rue Beaurepaire, et ont rencontré Alain Michou qui écoutait West Side Connection d’Ice Cube. Une discussion passionnée sur le rap s’est engagée. Alain Michou, animateur de l’émission Micamix sur Radio Saumur leur a proposé de passer derrière le micro et de devenir chroniqueurs. Malik Chati les a rejoint et il fut le premier à rapper en direct à la radio, à Saumur. En 1998, Mohrad Mehkaneg, pianiste et break-dancer, est arrivé dans la formation, il composait les musiques sur une console Atari tandis que Christophe Kizzy recherchait des samples dans des disques de jazz, funk, hip-hop et de bandes originales. Un an plus tard, Éric Kamba a intégré le crew. L’envie d’indépendance artistique a incité ces jeunes intrépides à créer le label Sixième Sens. Le matériel de scène et d’enregistrement était financé par les boulots d’été. En 1999, après de sérieuses répétitions, leur premier cd 5 titres Après réflexion a été auto-produit sur leur label. Enregistré en 2 jours, près de Segré, le disque aborde des problématiques liées à la société comme celui des SDF dans Société de Faits. À la fin des années 90, Sixième Sens était éloigné des grandes métropoles d’où était issu l’essentiel de la production rap, il lui a fallu développer dès le départ des liens avec la scène hip-hop française pour rompre une forme d’isolement.

Sixième Sens, CD Après Réflexion, 1999.
Sixième Sens, CD Après Réflexion, 1999.

Sixième Sens a joué au Tremplin des artistes, au théâtre, en 1998, puis à la MJC le 15 mai 1999, et la même année au concert des trente ans de la MJC à la salle Beaurepaire. En 2003, le groupe passe en concert le 17 mai avec Leïtuss au gymnase Delessert pour un concert caritatif en faveur des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Sixième Sens sort son album Sans frontière à 1000 exemplaires en début d’année et prépare un 4 titres vinyle pour septembre. Il est aussi en concert à la Scoope avec le soutien de la Municipalité le 31 mai 2003, à la fête de la musique à Saumur en juin 2003 (puis en 2005). Le groupe participe à diverses compilations telles Niroshima 3, ADN criminel de Kheimer, Du seum bien vicère de Larsen,… Début 2009, il mettra en téléchargement gratuit sur le net l’album Ghetto Citoyens. Le très bon clip Hors Zone extrait de l’album Citoyens du monde sera diffusé sur YouTube (voir ci-dessus). Il a été tourné en grande partie sur Saumur. En 2014, Sixième Sens sera encore à la fête de la musique, en 2015 au bar Saint-Cloud, et participera à des ateliers d’écriture avec la Scoope, dans les quartiers du Chemin Vert et de la Croix Verte. En près de dix ans de musique et 5 cd au compteur, Sixième Sens fera partie de la scène rap nationale. On ne parle pas, pour l’instant, des scènes extérieures à la ville de Saumur.

Discographie : Après réflexion (1999), Sans frontières (2003), On pense à vous (2003), Herbes de province (2006), ditribué par 2 good et Stars de rue, Citoyens du Monde (2009), Au goût du jour, compilation des meilleures collaborations, remises au goût du jour avec des artistes tels qu’Orelsan, Gringe, Médine, Scylla, LIM, Demi Portion, 20Syl, et bien d’autres…(2023).

Malik Chati

Earth Wind & Fire sortait Boogie Wonderland quand Malik Lik Chati est né. Il a passé son enfance à Livry Gargan, en banlieue parisienne. Petit, il avait déjà la bosse de l’écriture et couvrait de rimes, d’impressions de la vie quotidienne, de petites mécaniques poétiques des bouts de papiers. Son premier choc musical, il l’a vécu à 14 ans en voyant son oncle Abdel Wabh, trompettiste dans un groupe de jazz-funk qui assura la première partie de Maceo Parker en avril 1993 au Bataclan. Malik Chati est arrivé à Saumur en 1997. Il connaissait, par relations familiales, Alain Michou qui animait l’émission de nuit Micamix sur Radio Saumur. C’est dans le studio qu’il a rencontré les futurs membres de Sixième Sens, Éric Keddy Kaine Kamba  et Christophe Kizzy Roulleau. À l’époque, la scène saumuroise est dominée par le rock ; la culture hip hop n’est pas la spécialité locale. Malgré cela Malik Chati s’est retrouvé sur scène pour un morceau avec la Ruda Salska à un concert pour les Restos du Coeur, Audacieux, il a travaillé avec ses amis à la réalisation de leur premier cd maxi single Après Réflexion (1999), et à la recherche de subventions tandis que la commercialisation de la musique commençait à passer par internet. Il a fondé le label Sixième Sens Production et Full Moon Records, participa à l’émission phare du rap Cut killer show sur Sky Rock, et à sorti en solo J’représente l’art de La rue (Sixieme Sens Production, 2001).

Malik Chati passera à l’édition avec le magazine musical bimensuel Street Life (du nom du célèbre titre des Crusaders) entre 2004 et 2006 avec un tirage qui atteindra 30 000 exemplaires. Il sera ensuite à la tête d’une structure de production qui réalisera des projets allant de l’électro au rap, projets qu’il l’amèneront à travailler ponctuellement avec Jul  et la jeune Aya Nakamura.

Stéphane Fougeray

Stéphane Fougeray dans son atelier, 1998. Photo Marc Gourdon.

Stéphane Fougeray est né quand Juliette Greco interprèta La Javanaise. C’est dans son atelier du quartier des Ponts que ce facteur d’accordéon et musicien émérite, digne représentant du piano à bretelles, travaille. Son père, saxophoniste, avait roulé sa bosse dans les orchestres de bals locaux, Gil-bert’s Jeandson et Lionel Raffault, il était régulièrement sollicité car il savait lire la musique. Stéphane Fougeray voulait être batteur et était également attiré par l’orgue Hammond, mais l’étude du piano et de la musique classique le rebutait alors dès 6 ans il se dirigea vers l’accordéon. Quatre ans plus tard il jouait dans les premiers bals en compagnie de son père. Quand tu apprends l’accordéon, tu peux jouer en parallèle de l’orgue avec des touches d’accordéon et inversement pour les pianistes car il existe des accordéons avec l’organisation des touches semblable au piano, d’où l’expression le piano à bretelles expliquera-t-il. Il a étudié avec une vedette des bals saumurois d’après-guerre Willy Prince De Frise le répertoire du bal musette. Vers 1980, Stéphane s’est produit en trio dans le groupe Hyppocampe avec Pascal Bret à la guitare et Bernard Nunus Jean à la batterie (qui deviendra ensuite Téquila avec Nunus). Le groupe jouait un mélange de standards du jazz et de la bossa nova, notre set était parfait pour les terrasses de café estivales. Pour les réparations de son accordéon, Stéphane Fougeray allait au magasin d’instruments de musique de la rue Beaurepaire, tenu par Jean François Jeff Girard qui avait des contacts, et qui lui recommanda l’atelier de Fratelli Grosio à Paris pour devenir facteur d’accordéon. Stéphane Fougeray est resté onze ans à la capitale dont les huit dernières années en alternance dans l’atelier de Paul Beusher. Il a vu défiler la clientèle, et les plus grands : Jean Corti, Yvette Horner, Jacques Higelin qui jouait d’un accordéon à touche piano, Jo Privat qui avait des bretelles avec des têtes de mort dessinées dessus, lui, c’était un dur et fallait vraiment pas l’emmerder confiera notre accordéoniste saumurois. Puis il sympathisa avec le fameux Gérard Blanchard de Rock Amadour, qui venait d’Indre-et-Loire pour des réparations sur ses accordéons. Stéphane Fougeray a été intégré dans sa formation qui fréquenta les plateaux de télé et les studios de radio pour la promotion. Ils ont inauguré le studio Charles Trenet de France Inter pour l’émission Sur le pont les Artistes d’Isabelle Dhordain, sont passés sur le plateau de Michel Drucker. L’aventure a duré dix-huit mois. Stéphane Fougeray a participé à de nombreux projets sur Saumur (Pipyou’s Family,..) a accompagné nombre d’autres musiciens dont l’ineffable Michel Ferchaud. Et quand on sait que son groupe préféré est Tower of Power qu’il a vu une dizaine de fois sur scène (le chanceux), on ne peut que le suivre sur sa route.

Mon Quéniau

Initié par l’inusable Yves Savariaud (Les Rangers, Électrogène) pour la musique, le chant et la guitare, et par Dominique Fournier pour les textes, Mon Quéniau invite divers intervenants (jusqu’à 15 sur le premier enregistrement !) : Jean-Louis Grelier au chant, Jehan-Marc Delpech, Stéphane Fougeray à l’accordéon, François Garotte à la contrebasse, Pascal Marcault au piano, François Rousseau à l’harmonica… Leur premier CD, Chants de Galarne est un mélange de chants de mariniers, d’amitié, intimistes ou gaillards. Mon Quéniau fera quelques concerts. On entend même sur le premier album, dans les choeurs, la voix d’un célèbre viticulteur de Chacé à grande moustache également amateur de percussions.

Discographie : Chants de Galarne, (autoproduit, 2003). Potins de Loire (autoproduit, 2004). Les enregistrements se font au studio de La Petite Fontaine, chez Pascal Marcault.

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    Enrico Macias

    Enrico a quitté son pays, a quitté sa maison, mais il a trouvé au théâtre, le 8 février, un accueil formidable.

    Le Sacre du Tympan

    Groupe jazz avec une french touch, le 13 juin au théâtre.

    Massilia Sound System

    Dans le cadre de la programmation municipale des Estivales, l’équipe marseillaise est invitée place de la République le jeudi 10 juillet.

    Jane Birkin

    Inutile de préciser que chaque place du théâtre est réservée pour la soirée du 1er octobre. La tournée Arabesques des chansons de l’homme à tête de chou révisées façon orientale est un franc succès. Pour la petite histoire saumuroise, la star des années 69 a besoin, comme avant chaque concert, d’une coiffeuse. Pour l’occasion, c’est la Douessine Adeline Cary, en 2e année de CAP coiffure chez Pigier Saumur qui est sélectionnée. Évidemment, ça colle la même pression qu’un musicien qui joue sur une grande scène pour la première fois. Mais, signe d’une évolution générationnelle, la jeune coiffeuse de 17 ans connaît à peine l’œuvre de Gainsbourg / Birkin. Son rêve absolu, à elle, serait de coiffer Céline Dion. Bienvenue dans les année 2000 ! (article CO du 4-10-03).

    Ça se passe
    par là

    Soirée reggae

    L’association Undersound propose sa soirée reggae à la salle Beaurepaire le 3 mai.

    Le Rouge & Noir

    Bar de la rue Daillé, ouvert par Karl Karlo Lechevalier en 1997. Bernard Nunus Jean avait peint la vitrine. Au début, un concert était proposé chaque mois dans ce lieu bien noté par les musiciens dans le carnet d’adresse du Chabada. Concerts d’Arakis, des Jambons, de Kwigibow (le premier groupe d’Alex Grenier), de Tramps Ultimatum, des Vilains Clowns et de bien d’autres. The Sicks, un groupe de San Francisco a contacté le bar. Ils sont arrivés avec d’énormes amplis paramétrés pour leur tournée européenne. Le concert n’a duré que 20 minutes. La police est arrivée car les infra-basses s’entendaient jusqu’à sur la Place Bilange. Bienvenue au Sicks dans le club restreint des groupes qui n’ont joué que vingt minutes en concert (voir Limand). Les concerts réguliers se sont arrêtés deux ans plus tard.

     

    Enseigne du R&N. Photo N. Jolivot.